III
lations et à quelques étoiles fixes. Parmi celles-ci on nomme Aldébaran,sohail qui était Canopus, et schâazi loboûr qui était Sirius. Mais on n’a pas lesnoms que ces anciens Arabes donnaient aux planètes.
En matérialisant Baal , l’être divin primordial, les Phéniciens en avaientfait un dieu solaire, qui s’appelait comme tel Baal-Samim, c’est-à-dire Baal des cieux. Tammoitz ou Adonis était le Soleil lui-même, considéré dans lasaison du printemps, mourant chaque année, et dont les fêtes se célébraientpour cette raison avec des scènes de deuil. Les sept planètes étaient desbaalhn spéciaux ou cabirim, mot qui voulait dire puissances. On ajoutait unhuitième cabire , Esmoun, invisible, qui servait de lien aux sept autres,personnifiait l’ensemble du système sidéral et en dirigeait l’harmonie. Ace titre il était le même que Taaul, le législateur.
Le principe dans les astres, c’est le feu ; de là Baal-Moloeh, dans le culteduquel le feu jouait un grand rôle; de là aussi Baal-H union, c’est-à-direBaal brûlant, le dieu national de Carthage. On était alors entraîné partoutvers le culte des astres. On voit par les livres des Hébreux que ce peuple étaittenté constamment de confondre le Soleil, la Lune et les étoiles avec le dieudont ils étaient seulement des manifestations '. Ces astres, dit la Genèse, nesont pourtant que des signes, pour diviser les saisons et marquer les annéeset les jours : ut sint signa in tempora et dies et annos i 2 .
Le Soleil n’était-il pas le symbole le plus expressif de dieu? C’est l’épouxqui sort de sa couche, dit le psalmiste, et qui s’élance comme un géantpour fournir sa carrière 3 . La plupart des autres dieux étaient simplementd’autres personnifications du Soleil, envisagé sous ses divers aspects 4 .Nommez-le comme vous voulez, disait Sénèque , Nature, Destin, Fortune,c’est toujours lui qui exerce différemment la puissance 5 .
Le culte des astres en Égypte . —-Toutes ces idées s’étaient peut-être déjàdéveloppées précédemment sur les bords du Nil . C’était une opinion chez lesanciens que les Égyptiens avaient été les premiers, parmi les hommes, quis’étaient formé une idée des dieux et avaient eu la connaissance des chosessacrées 6 . Il est certain qu’à une époque fort reculée ils adoraient déjà leSoleil 7 . Pour eux, le cours de cet astre était l’image des transformations
i Deuteronomium, cap. iv, v. 19 ; Reges, lib. h, cap. 23, v. t>. — 2 Genesis, cap. i,v. 14.
— 3 Psalmi, cap. xvm, v. 5, 6. — 4 Macrobius, Saturnalia, lib. i, cap. 17. — 8 Seneca , De
beneficiis, lib. iv, cap. 7. — G Lucianus, De syria dea. — 7 Wilkinson, Man tiers and
custonis of the ancient Egyptians; vol. I, 1837, p. 288.