Band 
Première partie.
Seite
112
JPEG-Download
 

112

INTRODUCTION.

CHAPITRE IV.

réservées à l’àme humaine. L’homme, comme le Soleil, ne descend dans latombe que pour ressusciter. La succession de la nuit et du jour est l’imagede l’intermittence de la mort et de la vie.

Dans son existence nocturne, le Soleil est Atoum , qui est né le premier,parce que la nuit précède le jour 1 . Atoum est sorti seul de l’abîme et duchaos. Au méridien il s’appelle Ra; et quand on le considère comme faisantnaître et entretenant la vie, on le nomme Khéper. Ra est sorti de l’hémi-sphère inférieur; il est fils de cet hémisphère, personnifié dans la déesseHallior, dont le symbole était une vache. Adoré comme sortant des lianesde cette vache divine, le Soleil prenait le nom d 'Horus, et on le représentaitalors comme un enfant s’élevant au-dessus des eaux sur une feuille de lotus.Le Soleil de l’hémisphère inférieur, ou Soleil infernal, prenait plus spéciale-ment le nom d 'Osiris. On lui assignait pour compagnes les douze heures dela nuit, personnifiées dans autant de dieux, à la tête desquels on plaçaitHorus , c’est-à-dire le Soleil lui-même.

On mettait dans les sarcophages, à côté du corps embaumé, un ouvragedésigné par Champollion sous le nom de Rituel funéraire, et par Lepsius souscelui de Todlenbuch ou livre des morts, qui paraît remonter à soixante ousoixante-cinq siècles 2 . Le titre exact est « livre de la manifestation de lalumière. » Cette lumière, c’est le Soleil dé l’hémisphère inférieur, le Soleilvu de près et dans toute sa force. Aussi le mort, en entrant dans le ker-nelerou élysée, est-il immédiatement ébloui par l’éclat intense, qui se manifesteà lui comme il ne l’avait jamais vu. Une grande vignette, terminant lapremière partie de l’ouvrage, représente l’adoration et la glorification duSoleil.

Dans la troisième partie du livre, après que l’âme a erré dans l'hémi-sphère inférieur, Osiris se révèle à elle comme inséparable du Soleil. Le dieusuit l’astre dans sa marche, et parcourt avec lui et comme lui les diffé-rentes demeures du ciel, les mansions célestes. 11 traverse le lac de feu,source de toute lumière, et s’identifie enfin avec une figure symbolique quiréunit les attributs de toutes les divinités du panthéon égyptien, et dont lareprésentation termine l’ouvrage.

Quelques pleuplades de la Haute-Égypte et de l’Éthiopie , qui sont encorepaïennes, ont continué à professer le culte des astres. Ainsi les soldats nubiensque Bruce a vus dans le Sennaar adressaient des prières à la Lune avecgrande ferveur. Au contraire, parmi les noirs les plus incultes de l’Afrique ,

i Voir plus haut, chap. II, p. 34. — 2 Pierret, Le livre des morts des anciens Égyptiens,

traduction complète d’après le papyrus de Turin et les manuscrits du Louvre, 1882.