114
INTRODUCTION.
CHAPITRE IV.
devenu invisible aux mortels, était Varouna , dans lequel on voyait aussiune personnification de la voûte céleste. Enfin Aryaman , qui était d’abordl’action fortifiante et salutaire du Soleil, selon quelques-uns la périodediurne intégrale, ahorâlram, est devenu plus tard Yaditya de la mort,le Soleil destructeur, qui tue en flétrissant les plantes et en desséchant lescampagnes.
La religion des Aryens, suivant un mot d’Edgar Quinet, était la révélationparla lumière. Partout, dans le Rig-vêda , on retrouve l’amour de la lumièreet riiorreur des ténèbres. Chaque phénomène physique était le thème d’unmythe, dont le personnage principal est presque toujours le Soleil ou le ciellumineux.
L’Inde avait aussi élevé des temples grandioses à l’astre éclatant, sourcede cette bienfaisante lumière. Elle continue de l’y honorer. Il suffit de citer letemple d’Orissa , bâti au milieu du XIII e siècle, dont les vastes dimensionset la magnificence sont inouïes, pendant que le personnel qui le dessert feraitla population d’une grande cité L
Quant au culte rendu à Vichnou , il est plus moderne que celui desdivinités brahmaniques. Il n’y en a rien encore dans le Rig-vèda . C’est lapersonnification des profondeurs du firmament, confondue avec celle duSoleil, qui les parcourt et les illumine. Vichnou finit par résumer en lui tousles caractères du Soleil comme divinité bienfaisante. Il devint le héros desgrandes épopées sanscrites, du Mahabharata entre autres, et fut pris enfinpour la deuxième personne de la trimourli i 2 .
Le culte des astres, magnifiquement développé par les Hindoux à mesuredu progrès des idées et de l’intelligence, s’était répandu beaucoup au delà deslimites de l’Inde, dans les îles qui terminent l’Asie vers l’Orient. Le narrateurqui, sous le nom de Maximilien de Transylvanie, a donné une relation de sonvoyage avec l’expédition de Magellan , rapporte qu’à cette époque les naturelsde Bornéo adoraient le Soleil comme seigneur du jour et la Lune commeprésidant à la nuit. Ces deux astres avaient engendré ensemble toutes lesétoiles, qui formaient des dieux inférieurs. Ce voyageur ajoute que ces natu-rels saluaient le Soleil levant 3 .
Le culte des astres chez les Mongoliques. — Dans l’extrême Orient , à laChine , le caractère éminemment pratique du peuple et la direction enquelque sorte positive de ses idées ne s’étaient pas prêtés au développement