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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE IV.

Soleil. Cet astre était la plus brillante expression de l’être divin, et lorsqu’onle considérait sous cet aspect, il était appelé areskoui par les Hurons, agriskouépar les Iroquois. Comme dieu, le Soleil était masculin, mais comme astre ilétait féminin. La Lune était également un astre femelle, une imitation duSoleil. Elle avait des noms différents et des personnifications distinctes,suivant l’attribut que l’on considérait. En passant attentivement en revue ceque les plus anciens chroniqueurs rapportent des Indiens de l’Amérique duNord , Carr a parfaitement démontré, dans un travail récent ', que l’adorationdu Soleil était parmi eux très répandue. Mais le culte des astres s’arrêtaitpour ces peuples à celui des deux luminaires principaux, ce qui s’expliquepar celte circonstance que leur connaissance des planètes n’était pascomplète.

Cette connaissance était seulement en cours de se former, dans l’archipelde la Société , au temps des premiers voyages des Européens. Et déjà lesTahitiens avaient personnifié le Soleil, mais sans aller plus loin dans l’astro-làtrie. Comme être animé ils le nommaient mahatma, et ils racontaientqu’il était une fois descendu parmi eux sous forme humaine.

Nous voyons ainsi que partout il y a une relation intime entre le dévelop-pement des premières connaissances astronomiques et le culte des astres.C’est au moment où l’on éprouve la nécessité d’étudier les mouvementscélestes, afin de se rendre compte du changement des temps, que l’esprit del’homme se porte vers ces puissances, ou tout au moins ces signes de puis-sance. C’est aussi cette étude plus assidue qui amène la découverte successivedes planètes et la formation d’une sphère imagée. Tous ces faits sont corré-latifs et contemporains.

Le feu sacré. — Au culte héliaque se rattachait celui du feu, qui n’en étaitpour ainsi dire qu’une forme. Le feu, n’est-ce pas un fragment du Soleil?C’est de l’astre même qu’on le lirait chaque année, pour le renouveler àl’aide d’un miroir ardent.

I! y a dans Huet un tableau des peuples qui entretenaient le feu sacré i 2 .En Asie , outre les Perses et les Mèdes, c’étaient les Chaldéens, les Juifs, lesPhrygiens, les Lyciens, les habitants du Pont, ceux de la Cappadoce et lesautres nations de l’Asie-Mineure, les Sarmates, les Scythes, enfin les Indiens

i Carr, The mounds of the Mississippi valley historically considered, dans Memoirs of

the Kentucky geological survey, vol. II, 1883. — 2 Huet, Demonstratio evangelica, 1679,prop. iv, cap. o.