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Première partie.
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INTRODUCTION. - CHAPITRE IV.

Haouran. Les Phéniciens appelaient ces pierres beith-el, dans leur langue« demeure de dieu, » et c’est de là que les Grecs ont formé le mot bétyle,pierre sacrée.

Les aérolithes étaient déposés dans les édifices consacrés au culte. C’étaitprobablement une pierre de cette espèce qui était adorée comme Melkarlh,l’Hercule tyrien, dans le grand et splendide lemple de Tyr. Hérodien dit quecelle du temple du Soleil, en Syrie , était effectivement tombée du ciel 1 . Ladescription de celle qui représentait le dieu Mars à Petra, en Arabie , convien-drait notamment, pour la couleur qui était noire, à une pierre aérolithique “ 2 .Parmi les dépouilles qu’on reprochait à Verres d’avoir enlevées à la Sicile , oncomptait la pierre qui figurait Gérés dans le temple de celle déesse à Catane 3 .Une vénération toute particulière s’attachait à cet objet sacré, parce que latradition rapportait qu’il était un jour tombé du ciel.

On connaissait d’autres exemples de ce genre dans différents temples 4 * .Mais ce qu’il y a de curieux, c’est que l’usage de déposer les météorites dansles sanctuaires s’est perpétué à travers tous les changements de temps, dereligion et de civilisation. Quand le fameux aérolithe d’Ensisheim, en Alsace ,est tombé, en 1492, il a été placé dans l’église du village, et ce cas est fortloin d’être isolé. On peut voir encore aujourd’hui des aérolithes suspendus,comme des objets dignes de vénération, dans mainte église du grand etintelligent pays d’Allemagne s .

Les étoiles filantes .— Plus fréquentes que les aérolithes, les étoiles filanteset leurs traînées, souvent mentionnées par les poètes, décrites par Virgile 6 ,se détachant du front de la nuit suivant l’expression du Tasse 7 , étaient faitespour parler à l’imagination. Ce qui frappait surtout en elles, c’était la rapiditéde leur disparition 8 : estrellas fugaces, dit encore la langue espagnole. En

i Herodianus, Historia romana, lib. v, cap. 5. —2 Strabo , Res geographicae, lib. xvu;

Suidas , Lexicon, in voce Theùs Arès. — 3 CÀcero , ln Verrem, act. ii, lib. iv, cap. 45; Lac-

tantius, De divinis institutionibus, lib. n, cap. 4. — Münter , Ueber die vom Rimmel

gefallenen Steine, dans Antiquariske Abhandlungen, Kopenhagen , 1817, p. 257; aussiSchwarze, Beitrâge zur Geschichte der aus der Luft gefallenen Steine. — 3 Moue, Geschichte

des Heidenthums in nôrdlichen Europa, 1822.

6 Saepe etiam stellas, vento impendente, videbisPraecipite cœlo labi, noctisque per umbramFlammarum longos a tergo albescere tractus.

(Virgilius, Georgica , lib. i, v. 365-367.)

1 Tasso, Gerusalemme liberata, 1580, cant. xx, st. xx, v. 4. — 8 Aristoteles, Meteorologica ,lib. i, cap. 22; Seneca , Quaestiones naturales, lib. i, cap. 14.