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Europe , on finit par y voir les âmes des morts, dont le destin coupait le filde l'existence. D’autres conceptions dépendaient du génie et du degré d’avan-cement des peuples.
Ainsi les Arabes avaient depuis longtemps la croyance que les étoilesfilantes sont les pierres flamboyantes lancées par les anges sur la tête desdiables, lorsque ceux-ci viennent trop près du ciel. Le Koran reproduit etconsacre en quelque sorte cette opinion *, qu’on trouve répandue dans tousles pays soumis à Pinflucuce islamile. Mais chez les peuples sauvages, ondevait s’attendre à rencontrer des images d’un caractère plus grossier. C’estainsi que les Indiens tamanaques de l’Orénoque regardent ces météores fugitifscomme l’urine des étoiles, tandis que la rosée provient des gouttes de leursalive -, et que les Utes'du grand bassin de l’Amérique septentrionale en fontles excréments des dieux 1 * 3 .
Les sphères imagées. — Le système de personnification, dans le domainede l’astronomie, n’avait pas de bornes : on le vit s’étendre, avec le temps, àtoute la sphère étoilée. Mais, dans toutes ces créations, on observe toujoursque les différents peuples recourent à des images différentes et forment destableaux distincts. On le savait parfaitement dans l’antiquité. Syrianus 4 etAchilles Tatius 5 disent fort nettement, par exemple, que les figures diffèrentdans les sphères des Grecs, des Égyptiens et des Chaldéens. Ainsi le systèmeseul est commun, les images sont facultatives.
Les faits montrent qu’au temps où l’uranographie d’un peuple est achevée,ce peuple a aussi découvert toutes les grandes planètes. En effet, quand lesétoiles fixes sont associées, dans l’étendue entière du ciel, en figures inva-riables et déterminées, les astres errants ne peuvent plusse dérobera l’atten-tion. Toutefois, pour créer une nomenclature complète des étoiles, il fautpartout un long intervalle, qui s’exprime non pas en années, mais en siècles.Ce n’était pas du reste la préoccupation unique de cette époque, où l’hommeavait tout à apprendre en môme temps, dans les arts utiles, les métiers, ladomestication des animaux, l’agriculture, le traitement des métaux. Chiron,qu’on place généralement au — XIII e siècle, passait chez les Grecs pour
1 Mohammed, Al Koran [VII e siècle], chap. 71. — 2 .4. de Humboldt, Relation historique
d’un voyage aux régions équinoxiales, lib. vm, chap. 23, dans t. VIII, 1824, p. 81.—
3 J. W. Po-well, dans First annual report of the Bureau of Ethnology, 1881 ; sketch of the
mythology of the North american Indians, p. 27. — 4 Syrianus , Scholia in Aristotelis
metaphysica, lib. xm, cap. 6. —• 3 Achilles Tatius , Isagoge in Arati phaenomena, cap. 39.