Band 
Première partie.
Seite
127
JPEG-Download
 

ÉPOQUE FABULEUSE. - l’aNIMISME DANS LE CIEL.

127

profit, dans le cours du temps, les hommes qui étaient doués d’un regardperçant.

Parmi les représentations figuratives des Chinois, il y en a bien un certainnombre qui se retrouvent dans la sphère grecque. Mais si les objets imagi-natifs sont parfois les mêmes, les étoiles auxquelles ils sont appliqués sontdifférentes. Beaucoup de noms sont empruntés d’ailleurs à des officiers etdes dignitaires du Céleste-Empire. La sphère chinoise est non seulement unecréation indépendante, mais elle est restée dans son isolement, sans rien com-muniquer aux nations de l’Occident .

Bien que, longtemps avant l’arrivée des Européens dans leur pays, lesChinois eussent poussé leurs voyages jusqu’à l’équateur, c’est un fait dignede remarque qu’ils n’avaient pas étendu leur nomenclature à la partie australede la sphère. Leur travail était dès lors achevé et leur astronomie arrêtée.Nous leur avons donné les constellations antarctiques, invisibles sur leurancien horizon

Longtemps avant l’époque de Mahomet , les Arabes nomades avaient formédes images uranographiques, qui dénotaient un travail distinct. On voyait surleur sphère des animaux, tels que le chameau, le mouton, l’aulruche, lechacal et le chien; des objets d’utilité dans la vie pastorale, une tente, unecrèche, un pot, un plat, une coudée, un seau à puiser. Les quadrilatèresdes deux Ourses étaient leurs plus grandes constellations, et leur représen-taient deux cercueils, nash, les trois étoiles de la queue formant de chaquecôté trois pleureuses, bcnâl al nash al cabra â .

La sphère que l’on pourrait appeler des Arabes classiques, celle de l’époquebrillante de l’islamisme, était peut-être la plus complète comme nomencla-ture. Les groupes étaient petits mais nombreux, et plusieurs centainesd’étoiles avaient leurs noms individuels. Cette sphère fut portée au loin avecl’islam. Le Boundehesch persan, qui est postérieur à l’introduction du maho-métisme, en conserve des signes. Il mentionne entre autres les quatre étoilesconductrices du zodiaque : taschter, venand, satevis et haflorang, placéespar Ormuzd aux quatre coins du ciel, comme quatre sentinelles préposéespour veiller sur les astérismes. Il faut ajouter meschia, Sirius, supposé aumilieu du firmament, et meschianè dont l’attribut, comme celui de la précé-dente, est un serpent i 2 3 .

i Monthly notices of the Astronomical Society of London, vol. XV, 1855, p. 21. —

2 Scaliger, Notae in sphaeram Manilii, dans Manilius , Astronomicon, édit. 1679, p. 429;G. L. Ideler, Ueber den Ursprung der Sternnamen, 1809, p. 409. — 3 Anquetil du Perron ,

Zend-Avesta, vie et œuvres de Zoroastre , 1771, t. II, p. 349, 378. —