-128
INTRODUCTION.
CHAPITRE IV.
Il est incontestable que si divers peuples ont emprunté à d’autres tout oupartie de leur uranographie, le travail aslrognosique s’est pourtant opéréd’une manière indépendante et séparée chez plusieurs nations de l’antiquitéet du moyen âge. Quant aux peuples plus jeunes de l’Amérique et del’Océanie, ils n’avaient pas achevé la description du ciel étoilé. Sur notrecontinent, le système de vastes constellations avait été adopté par les Grecs.Les Égyptiens et les Hindoux avaient des astérismes d’une étendue moindre.Les sphères des Accadiens, des Chinois, des Tartares et des Arabes procé-daient par petits groupes ou par étoiles isolées. Mais un fait général dominaittoutes ces représentations : c’était le système figuratif, qui peuplait la voûtecéleste d’objets et de personnages arbitraires, choisis, suivant le peuple,d’après son genre de vie et ses dispositions.
Les mythes astronomiques. —Jusqu’à quel point les astérismes de certainessphères, notamment de la sphère grecque, portaient-ils le type de véritablesmythes, ou les traits mnémoniques d’anciennes légendes? Mettant de côté,pour le moment, le zodiaque des douze signes, peut-on supposer aux constel-lations d’Eudoxe et d’Aratus une origine systématique et savante, commecelle qu’exigerait une mythologie fondée sur les situations réciproques et lesaspects par rapport au Soleil de tous les personnages célestes, dans le coursentier d’une année? 11 y a là un ensemble de positions relatives sur l’horizon,qui varient de saison en saison. Ces rapports, pour servir d’expression à deslégendes, devraient satisfaire à une suite de conditions très nombreuses etfort compliquées. Cette édification laborieuse a-t-elle un caractère de vrai-semblance, à l’époque encore peu cultivée à laquelle il s’agit de l’attribuer?
Nous avons vu former des constellations dans les temps modernes. Hévélius ,Lalande et d’autres en ont ajouté à la sphère des anciens. Toutes étaientplacées au ciel au hasard, sans allusion astronomique. Quand on proposa demettre parmi les astres Nelson et Napoléon I er , c’était une simple questionde dénomination de quelques étoiles, mais on n’avait pas songé un instantà choisir des groupes, dont le cours annuel et les positions apparentes eussentune analogie quelconque avec les faits et la vie du héros.
C’était aussi de celte manière que la Chevelure de Bérénice, les Chevreaux 1et Antinous 2 avaient été mis au ciel dans les temps historiques. Il n’existaitaucune raison tirée du sujet pour attribuer ces noms à tels groupes d’étoilesplutôt qu’à d’autres. Pour la Chevelure de Bérénice, par exemple, Hyginus 3