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et Justin 1 ont raconté comment la sphère s’est enrichie de cet astérisme.Jusqu’au -- III e siècle on avait vu dans cet amas d’étoiles une gerbe de blé,figure qu’il conserve encore pour les Arabes 2 . Toutefois il arriva que lareine, femme de Ptolémée Evergète, fit le vœu de consacrer sa cheveluredans le temple de Mars, si son époux et seigneur revenait vainqueur de laguerre. Elle accomplit ce vœu. Mais la chevelure fut enlevée miraculeuse-ment du temple la nuit suivante. L’astronome Conon fit connaître l’issue dumiracle, en montrant au ciel le peloton d’étoiles que nous connaissons sousle nom de Coma Bérénices. II n’y a pas ici la moindre idée d’allégorie cachéeou d’allusion astronomique.
Pourquoi les premiers auteurs de la sphère auraient-ils agi par des motifsplus profonds et introduit dans leurs conceptions des allusions plus éloi-gnées? Tout porte à croire au contraire que l’opération s’est faite de la mêmemanière. On nous raconte, par exemple, comment Callisto se trouva placéesur la sphère céleste. Or, il est difficile de voir dans ce récit une intentionallégorique et mystérieuse. Jupiter avait eu un fils de la princesse arcadienneCallisto, et Junon , dans sa jalousie, ayant changé la mère en ourse, celteourse fut placée au ciel.
Des constellations avaient d’ailleurs changé d’emblèmes. La Lyre, parexemple, était autrefois, comme on le voit dans Hyginus , une tortue marineentière, avec ses écailles. Ces changements avaient tous les caractères d’actesarbitraires, où rien n’était gouverné par le fil de légendes ou d’allégories.Olfried Miiller a même fait depuis longtemps la remarque 3 que, chez lesGrecs, les mythes proprement astronomiques ne tenaient qu’une place insi-gnifiante et que souvent ils n’étaient rattachés en rien à la religion.
Si l’on veut avoir une idée de la manière dont les Arabes considéraientles fables uranographiques, qu’on prenne, par exemple, le récit suivant,relaté par Albufarage 4 : Al s hère, Sirius, et al gomeyse , Procyon , étaientdeux sœurs, qui avaient pour frère al sohü, Canopus. Celui-ci épousa aljauze,Kigel; mais ayant tué sa nouvelle épouse, Canopus se sauva vers le pôleaustral pour éviter la poursuite de ses sœurs. Al obour, Sirius, sous un autrenom, le suivit au delà de la voie lactée, mais al gomeyse resta en place, etversa des torrents de larmes, au point que sa vue s’affaiblit. Les auteurs dece petit roman peuvent avoir tenu compte de ce que Canopus, en se cou-
1 Justin-us, Epitome historiarum, lib. xxvi, cap. 3. — 2 C’est l’astérisme liuzimethon des
Arabes. — 3 p, Millier, Prolegomena zu eiuer wissenschaftlichen Mythologie, 1825, p. 191.
— 4 Albufaragius [XIII e siècle], Historiae compendium dynastarum, 1663, p. 131.
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