ÉPOQUE EMPIRIQUE. - LES PREMIÈRES OBSERVATIONS. 147
hypothétique des tables. L’idée que toutes les planètes s’étaient mises enmarche en même temps, en partant d’un même point, a été très répandueparmi les peuples de l’antiquité '. On cherchait à remonter à ce point dedépart, mais en l’indiquant on n’y attachait pas l’idée d’une observationréelle. Tel était le caractère de la conjonction antéhisforique du Soleil, dela Lune et des cinq planètes, au nord de la constellation d’Orion , dont par-lent, à la Chine , certains abrégés d’histoire et quelques ouvrages astronomi-ques, tous d’ailleurs postérieurs à l’incendie des livres de — 212. Il s’agissaitsimplement d’une restitution théorique, propre à servir de départ aux calculs.Il en était de même de l’époque des tables indiennes. Les premières obser-vations effectives ont été celles des équinoxes et des solstices, dont on avaiten quelque sorte un besoin immédiat. Les phénomènes dont on trouve leplus anciennement la mention, dans les annales des différents peuples, sontdes solstices.
Observation des solstices. — On voit dans le Chou-king qu’à la Chine ,du temps d’Yao, par conséquent dès le — XXIV e siècle, des astronomesétaient chargés officiellement d’observer d’une manière suivie les équinoxeset les solstices. On employait à la détermination des solstices un gnomon àstyle pointu, dont l’ombre devait être mal terminée. Ce style avait huitpieds chinois de hauteur. La plus ancienne mesure solsticiale dont leschiffres nous aient été conservés est celle que fit Tchéou-koung, à la fin du— XII e siècle, dans la ville de Lo-yang, au sud du Fleuve Jaune . Parmi lessolstices observés de cette manière à la Chine , Laplace a pu se servir enoutre de ceux des années — 49, + 173, -j- 461, -) 629 et + 1279, quilui ont permis de déterminer la diminution de l’obliquité de l’écliptique " 1 2 .
Le vers de Lucain souvent cité :
timbras nasquam flectenle Syene,'
faisait allusion à la verticalité du Soleil, à Syène, aujourd’hui Assouan , lejour du solstice d’été. Ce jour-là, on apercevait l’image de l’astre au fondd’un puits 3 . Mais il faut remarquer qu’à partir du milieu du —X e siècle,la diminution de l’obliquité avait dû mettre fin à cette observation, et que