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Première partie.
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INTRODUCTION. - CHAPITRE V.

gnols. Garcilaso dit qu’elles étaient encore debout en 1560, mais elles n’ontpas dû subsister longtemps après cette date.

Observation des passages du Soleil par le zénit. — Les Incas faisaientune autre observation, qui offrait également pour eux un vif intérêt : cellede l’instant où le Soleil passait par le zénit, ou plutôt repassait, en revenantde son excursion australe. C’était vers la fin de l’été de leur hémisphère, etcette circonstance astronomique servait d’occasion à la plus grande fête del’année. L’observation du phénomène avait un véritable caractère religieux.Elle ne se faisait pas, comme celle du solstice, dans un lieu préparé à ceteffet; on la répétait simultanément devant tous les temples. Dans le préauou sur la terrasse qui entourait l’édifice religieux, était élevée une colonneen pierre, richement travaillée, au centre d’un très grand cercle, aussi vasteque la localité le permettait. Une ligne est-ouest passait par le pied de lacolonne. Le jour où l’ombre suivait ce Irait des deux côtés, et où la colonneà midi était éclairée sur toutes ses faces, « comme si le Soleil se fût reposésur sa cime, » il était évident que l’astre passait par le zénit du lieu.

Lorsque ce moment approchait, les prêtres suivaient très attentivementl’inclinaison de l’ombre sur le trait azimuthal, et le jour où cet angle parais-sait nul, on proclamait l’accomplissement du phénomène. Itien ne prouveplus clairement que cette attente l’absence d’un calendrier solaire '.

Aussitôt qu’on était assuré de l’à-plomb du Soleil , on décorait la colonnede fleurs et d’herbes odorantes; on portait au temple des offrandes d’or,d’argent et de pierres précieuses, enfin on plaçait au sommet de la stèle lesiège ou trône du Soleil 2 , disant que ce jour-là l’astre s’élail assis sur lacolonne avec toute sa lumière.

Les amaulas, comme on appelait au Pérou les savants et les philosophes,avaient remarqué que, plus on allait au nord, plus l’ombre méridienne, dansla saison d’été, se raccourcissait. Les colonnes du Pérou septentrional, deQuito , par exemple, en étaient plus révérées, parce que le Soleil, disait-on,s’y asseyait mieux d’aplomb et plus à l’aise. L’observation du passage auzénit se faisait même plus loin vers le nord, notamment au Mexique . Surune ancienne pierre en basalte de 3 mètres de diamètre, trouvée à Mexico àla fin du siècle dernier, on voit figurés, en hiéroglyphes, outre le zodiaque,les équinoxes et les solstices, les deux passages à-plomb du Soleil, marqués àleurs dates régulières pour ce parallèle.

1 Voir plus haut Chap. lit, p. 88. — 2 En espagnol silla, la chaise.