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INTRODUCTION.
CHAPITRE V.
l’avait tiré, était une traduction infidèle de l’original. Le texte grec, publiédepuis, porte un nombre d’années fabuleux, qui s’élève à plus d’un million ',et n’a par conséquent aucune signification précise.
Il n’en est pas moins vrai que les Assyriens avaient longtemps et régu-lièrement enregistré les éclipses. C’est ce qui ressort des nombreuses mentionset même des rapports officiels qu’on en trouve dans les tablettes de Ninive .Celles de — 929 et de — 808 sont citées en relation avec des événementshistoriques.
Suivant Diogène de Laerte 2 , les Egyptiens conservaient, au temps de laconquête d’Alexandre, la mémoire de 373 éclipses de Soleil et 832 éclipsesde Lune , nombres qui répondent à peu près à ceux de ces phénomènes qu’onpeut observer d’un même lieu en douze ou treize siècles. Leurs registres régu-liers auraient donc remonté à l’an — 1600 environ.
A cette époque reculée, aucun peuple ne comptait les dates d’une manièresuivie, comme nous le faisons aujourd’hui. On se rapportait aux années d’unrègne ou tout au plus d’une dynastie. Mais chaque fois que la dynastie oumême le souverain changeait, on recommençait une nouvelle numération.C’est ce qui se fait encore maintenant en Angleterre, pays si fidèle aux vieillescoutumes 3 .
Il fallait donc savoir l’ordre des règnes pour établir une date éloignée, etlorsque l’intervalle était grand, tel que huit ou dix siècles, il était souventdifficile de former, sans lacune, la liste entière. Cette liste elle-même n’étaitpas suffisante, par la raison que les différents règnes ne se composaient pasd’un nombre entier d’années. Les uns avaient commencé au printemps,d’autres en automne ou encore en d’autres saisons. Il y avait là un détailqu’il fallait connaître. L’addition ne se faisait pas aisément et prêtait àbeaucoup d’erreurs. Celte difficulté était telle qu’elle paraît avoir empêchéPtolémée de faire usage des éclipses chaldéennes, antérieures à l’ère deNabonassar i , parce qu’il n’aurait pas été sûr des dates.
C’est, au contraire, afin d’établir une succession rigoureusement annuelleque des magistrats, entrant en fonction à jour fixe, donnaient leur nom à
1 Simplicius, Commentarius in Àristotelis libros de cœlo, lib. n, cap. 12. — 2 Diogenes
Laertius , De vitis... clarorum philosophorum, in proeinio. — 3 Au barreau et dans les
arrêts des cours et tribunaux de la Grande-Bretagne, on ne dit pas une loi de 1833, parexemple, mais une loi de la 3 me année de Guillaume IV : les lois sont encore datées parrègnes. C’était la manière des anciens. — 4 En — 747, point de départ de l’ère de Nabo-nassar, on commença à compter les années par-dessus les règnes, c’est-à-dire d’une manièrecontinue.