ÉPOQUE EMPIRIQUE.
LES PREMIÈRES OBSERVATIONS.
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l’année de leur magistrature. On les appelait éponymes, qui veut dire déno-minateurs. Tels étaient les consuls de Rome, les archontes d’Athènes , etcomme on le voit par les tablettes de Ninive , certains fonctionnaires assy-riens. On a eu le bonheur de retrouver, sur les tablettes apportées au BritisbMuséum, des listes d’éponymes qui embrassent, presque sans lacune, unintervalle de près de trois siècles '. L’une d’elles 1 2 * mentionne une grandeéclipse de Soleil, dont la zone de totalité a traversé l’Assyrie , et dont vonOppolzer a vérifié la date de — 762 5 .
Ce sont des éclipses assyriennes qui ont fourni à Ptolémée les plusanciennes données dont il ait fait usage dans sa théorie de la Lune . 11 partd’une éclipse de cet astre de — 720, observée à Babylone . Comme on l’adit tout à l’heure, il n’a pas employé d’éclipses plus anciennes. Toutes cellesqu’il a rapportées se vérifient par les tables modernes, ainsi que Laplace l’apositivement établi 4 . Mais on s’aperçoit aisément des difficultés que lesanciens astronomes éprouvaient pour assigner correctement l’instant de cesphénomènes. Parfois ils n’y parvenaient pas à une demi-heure près, et souventils erraient d’un quart d’heure.
Il est fait mention dans le Mahabharata d’une éclipse remarquée dansl’Inde , dont la date est, selon von Oppolzer, — 1 409 5 . Toutes les éclipsesgrecques sont, comme on peut s’y attendre, beaucoup plus récentes. Lessuivantes ont une valeur historique, et peuvent être utiles à l’astronomie,parce quelles sont rapportées avec certains détails de temps et de lieu :
— 584, l’éclipse de Thalès, quand le jour se changea en nuit, pendantla guerre entre les Mèdes et les Lydiens ;
— 556, l’éclipse de Larisse, en Thessalie, lorsque les Perses assiégeaientcette ville;
— 399, l’éclipse d’Ennius, mentionnée par Cicéron ;
— 364, l’éclipse d’Alexandrie , rapportée dans le commentaire de Théon;
— 309, l’éclipse d’Agathocles.
C’est vers ce même temps que Nicias , effrayé par une éclipse de Lune 6 ,au moment où il allait se rembarquer, différa sa retraite jusqu’à la pleinelune suivante, délai qui le perdit. C’est également vers la même époque
1 G. Rawlinson, The cuneiform inscriptions of Western Asia, vol. Il, 1863, pl. 32. —
2 Ibid., vol. III, 1866, p. 1. Voyez aussi G. Smith, The assyrian canon, 1870. — 3 Berichte
der Akademie zu Berlin , 1880, p. 166. — 4 Connaissance des temps, an YÜI [1800], p. 37 t.
— 3 Berichte déjà cités. - 6 En - 412; Thucydides , De bello peleponnesiaco, lib. vu,
cap. 30; Plutarchus, De vita Niciae, cap. 24.
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