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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE V.

qu’une éclipse de Soleil jela la terreur non seulement dans l’armée thébaine ,mais jusque dans le sénat même de Thèbes '.

Les historiens et les chroniqueurs européens rapportent, depuis ces tempsclassiques jusqu’à la période moderne, un grand nombre d’éclipses, rarementobservées avec exactitude, et qui ne sont pas toujours assignées correctementà leurs heures. La précision de ces observations devait, en effet, dépendreen grande partie des moyens employés pour connaître le temps. C’est donc auprogrès des instruments autant qu’à celui de l’observation en elle-mêmequ’il faut renvoyer sur ce point.

Services astronomiques officiels. — Dans les pays où l’enregistrement desphénomènes célestes se faisait d’une façon régulière, ce travail avait dû prendreun caractère professionnel. 11 est indubitable que l’astronomie, qui était enÉgypte entre les mains des prêtres, avait une organisation officielle. Il estégalement certain que, depuis une liante antiquité, ces prêtres suivaientrégulièrement les phénomènes célestes et enregistraient les éclipses en parti-culier. Sénèque rapporte que l’astronome Conon d’Alexandrie, ami d’Archi-mède , et par conséquent relativement moderne, avait fait à ce point de vuele dépouillement des annales astronomiques de l’Égypte i 2 . Mais ce travailne nous est pas parvenu. Nous savons seulement, par les papyrus, que dansles observations égyptiennes dûment et régulièrement consignées on nenégligeait pas les mouvements des planètes. Brugsch est parvenu à traduireun catalogue d’observations planétaires, dont malheureusement la date n’apas été fixée jusqu’ici.

Il nous reste plus de détails sur l’astronomie officielle de la Chaldée.L’existence d’un service régulier pour l’inspection du ciel est attestée par lestablettes de Ninive , qui comprennent entre autres des catalogues d’observa-tions stellaires et planétaires, des tables des levers des trois planètes Vénus ,Jupiter et Mars, et un relevé des phases de la Lune , jour par jour, pendantle mois. On y trouve des observations de « Draconis, qui était alors l’étoilefixe la plus remarquable dans le voisinage du pôle. Ces tablettes formaientsoixante livres, et doivent remonter au —XVII e siècle, parce qu’elles sontdédiées au roi Sargon d’Agané. On a relevé, dans d’autres tablettes plusrécentes, deux observations de Vénus , l’une de — 7S8, l’autre de— 684.

Les astronomes officiels de la Chaldée rendaient compte au monarquede toutes leurs observations. Un certain nombre de tablettes du palais deKoyoundjik, à Ninive , nous ont conservé des rapports de cette espèce,

i En — 374 ; Plutarchus, De vita I’elopidae, cap. 31. — a Seneca , Quaestiones naturales,

lib. vu, cap. 3.