ÉPOQUE EMPIRIQUE. - LES PREMIÈRES OBSERVATIONS.
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qui permettent de juger de la nature des phénomènes sur lesquels portaitl’investigation. Nous en rapporterons trois comme exemples '. On y remar-quera les formules laudatives, qui sont de véritables souhaits astrologiques.
Voici d’abord la constatation d’un équinoxe : « Le 6 du mois de nisan,le jour et la nuit ont été égaux : 6 heures doubles pour le jour, 6 heuresdoubles pour la nuit; que Nebo et Merodach protègent le roi mon seigneur 2 . »La tablette k 86 du British Muséum nous montre qu’on était spécialementattentif aux moments dans lesquels la Lune passait par ses nœuds, ce quiprouve la connaissance de l’inclinaison de l’orbite lunaire, et l’intelligencede la cause empirique des éclipses : « Au fondateur des édifices, le roi monseigneur, son humble serviteur Naboïddin, grand astrologue de Ninive . QueNebo et Merodach soient propices au fondateur des édifices, le roi monseigneur. Le 15 du mois, nous avons observé l’entrée de la Lune dans lenœud lunaire, suivie d’effet. La Lune a été éclipsée 3 .» Dans d’autres circon-stances, l’attente ne donnait pas de résultat, c’est-à-dire que la Lune , enpassant par son nœud, ne produisait pas d’éclipse ou n’était pas éclipsée.En voici un exemple qui se rapporte évidemment à l’attente, que l’on pouvaitcroire jusqu’à un certain point justifiée, d’une éclipse de Soleil : « Au roi,mon seigneur, son humble serviteur Islar..., grand astrologue d’Àrbèles. Paixau roi, mon seigneur. Que Nebo, Merodach et Istar soient propices au roi,mon seigneur. Le 29 du mois de sivan, nous avons observé le nœud lunaire,mais nous n’avons pas vu la Lune . Le 2 du mois de doûz, dans l’année deBelsoun, préfet de la ville de Himirdan b »
Depuis la conquête de Cyrus s , le collège astronomique de Babylone avaitperdu beaucoup de sa splendeur. La pyramide à gradins de Bel avait étéabandonnée, après que Xerxès l’eut saccagée. Cependant il s’était formé,avant la conquête d’Alexandre, des écoles particulières d’astronomie, entrelesquelles Strabon mentionne celles des Orchéniens et des Borsippéniens 6 .
En Chine , l’étude permanente du ciel existait au — XII e siècle. On voitdans le Tcheou-li toute l’organisation du service 7 . Un astronome en titreappelé le foung-siang-chi , ayant sous ses ordres un nombre prescrit d’em-ployés, était officiellement chargé d’observer les astres à leur passage par leméridien et de noter la place qu’ils occupaient. Concurremment avec lui, unastrologue en titre, nommé le pao-lchang-chi, ayant aussi ses employés
1 F. Lenormant , Manuel d’histoire ancienne de l’Orient [3 me édit.], t. II, 1869, p. 200-201. — 2 g. Rawlinson, Cuneiform inscriptions of Western Asia, vol. III, 1866, pl. 51,n° 1. — 3 Ibid., vol. III, 1866, pl. 51, n° 7. - * Ibid., vol. III, 1866, pl. 51, n° 9. — » Au— VI e siècle. — 6 Strabo , Res geographicae, lib. xvi, cap. 1, § 6. — 7 Tcheou-li, liv. xvn,§ 29; liv. xxvi, § 13, 16, 18.