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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE V.

l’observation du Soleil, soit pour déterminer des solstices, soit pour tracerdes méridiennes. Son objet immédiat est de donner avec une grandeprécision la direction actuelle de l’ombre. A cet effet, une petite colonnecarrée surmonte l’extrémité d’une règle plate, qui doit servir à tracer ladirection sur un plan. La face de la colonne qui regarde la règle est marquéed’un double trait vertical, et au-dessus est placé un style incliné, destiné àporter ombre sur cette fine rayure. Après avoir posé la règle à plat sur unesurface horizontale, on tournait l’instrument sur lui-même jusqu’à ce quel’ombre du style vînt exactement s’insérer entre les deux traits parallèles;on était certain alors qu’il faisait face au vertical du Soleil et que la règleétait dans l’azimuth de l’astre. Cet appareil est fait d’une pièce de porphyrenoir parfaitement poli, sur lequel les traits sont en saillie, ce qui a dû pré-senter une grande difficulté d’exécution. Le principe de cet instrument et lesusages auxquels il pouvait s’appliquer ont un caractère particulier qui nerappelle rien de l’astronomie grecque.

L’importance que les Chinois attribuaient aux culminations a nécessaire-ment dirigé leurs études vers les méthodes propres à tracer la méridienne.Les historiens rapportent que dans les temps les plus anciens de l’empire, ilsmarquaient à cet effet les directious des ombres, au lever et au coucher duSoleil, puis tiraient la bissectrice '. Dans leTcheou-li ou traité des rites, quin’a pas été brûlé lors de l’incendie des livres sous Thsin-chi-hoang, on voitune méthode qui était fort anciennement employée i 2 : les digressions de lapolaire. On faisait passer deux verticaux par les positions qu’occupait alorsl’étoile, et l’on divisait en deux l’angle azimuthal. Le Tcheou-pey, qui datedes Han et est par conséquent postérieur, répète la même chose; mais ilajoute l’observation des directions azimuthales des ombres, au lever et aucoucher du Soleil, avec le partage de l’angle en deux.

Il est digne de remarque que Ptolémée n’indique nulle part le procédéqu’employaient les astronomes d’Alexandrie pour tracer la méridienne. AuV e siècle, Proclus se servait des ombres égales d’un gnomon à style, mesu-rées sur une aire nivelée au moyen de l’eau 3 . Mais en pratique ce procédé nemérite pas une grande confiance, à cause de l’incertitude présentée par lapointe d’une ombre mal définie.

Lorsque les connaissances géométriques et l’usage de la trigonométrie étaientdéjà répandus, Hyginus , au — I er siècle, exposa un moyen qui se base sur

i Souciet, Observations mathématiques... tirées des anciens livres chinois, t. 1,1729, p. 5.

— 2 Le Tcheou-li paraît du — XII e siècle; il est certainement antérieur au — VI e . —

3 Proclus , Ilypotyposes, édit. Halma, 1820, p. 82.