ÉPOQUE EMPIRIQUE. - LES PREMIÈRES OBSERVATIONS.
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observations méridiennes d’un véritable cercle mural qui, au lieu d’unelunette, portait sur le cercle alidade deux pitons, dont les ombres devaientse recouvrir dans les observations du Soleil. L’auteur de l’Almageste désignaitsimplement cet instrument sous le nom de cercles, kukloi 1 . Mais Théon ,dans son Commentaire, emploie le mot krikoi, que l’on traduit par armilles.Proclus , au lieu d’appliquer l’instrument contre une pierre, l’attacha simple-ment à un pied par son limbe inférieur. Les pitons qu’il employait étaientpercés de trous 2 . Ptolémée se servait aussi, après Eratoslhènes et Ilipparque,d’un quart de cercle mural, qu’il nommait plinthis, carreau, tracé sur lapierre même, et dont le centre était occupé par un piton ; l’ombre de cepiton marquait directement les distances zénithales sur la division 3 .
Dans les plus anciens instruments goniométriqucs des Grecs, les pitons oupinnules étaient attachés à un cercle mobile. La première mention d’unerègle ou véritable alidade, en remplacement de ce cercle, est dans ladescription de l’astrolabe de Jean Philopon 4 , qui vivait au V e siècle. Onnommait cette règle dioplre, dioptra. Mais déjà au — II e siècle, l’historienPolybe mentionne l’usage plus précis des tubes de visée 5 , si anciennementemployés par les Chinois, et cet usage n’était pas inconnu à Aristote 6 . C’estla représentation d’instruments munis de pareils tubes qui donna lieu àpenser, trop légèrement, que les anciens avaient possédé des télescopes.
Apercevant la nécessité de mettre une grande exactitude aux mesuresqui concernaient notre satellite, Ptolémée trouva ses instruments méridiensinsuffisants, et il imagina les règles parallacliques, parallaklikoi kanones , dequatre coudées ou près de deux mètres de longueur. Elles formaient unIriangle rectangle, dont deux côtés étaient fixes, l’un horizontal, l’autre ver-tical, tous deux dans le méridien. Le troisième côté pouvait varier d’incli-naison ; on le pointait à la Lune , à l’instant de sa culmination. L’hypothénuserestait de longueur fixe; c’étaient les côtés de l’angle droit que l’on mesurait,pour en conclure l’angle d’élévation 7 .
La comparaison de cet outillage avec celui qu’on employait presque à lamême époque en Chine est extrêmement intéressante, et fait voir l’indé-pendance complète des deux développements scientifiques. Le Sse-ki deSse-ma-thsien, dont une partie subsiste, nous a laissé, au milieu d’une foulede données historiques, l’indication des instruments qui servaient à ce lettré
1 Ptolemaeus, Magna eompositio, lib. i, cap. 10. — 2 Proclus , Hypotyposes, éd. Halma,
p. 78-83. — 3 Ptolemaeus , op. cit., lib. i, cap. 10. — Joh. Philopon, De astrolabio, in init.
— 3 Polybius, Historia universalis, lib. x, cap. 46. —■ G Aristoteles, De generatione anima-
lium, lib. v, cap. 1. — 7 Ptolemaeus , op. cit., lib. v, cap. 12.