Band 
Première partie.
Seite
175
JPEG-Download
 

ÉPOQUE EMPIRIQUE.

LES PREMIÈRES OBSERVATIONS.

175

lion où il couvrait exactement l’objet dont on voulait mesurer le diamètre.On lisait alors la distance entre les deux pitons sur la règle de la dioptre,qui était graduée '.

L’observation du Soleil offrait une difficulté particulière, parce que l’éclatde l’astre aveuglait l’observateur. Pour en mesurer le diamètre, Archimède avait choisi l’instant du lever. Pendant les éclipses, lorsqu’une partie dudisque était cachée, on pouvait également le regarder avec impunité. Maisquand il avait tout son éclat, on fixait la ligne de visée en faisant tomberl’ombre d’une pinnule sur la seconde pinnule de la même règle. Sénèque parle aussi de l’usage de verres enfumés; il dit également qu’on suivait lesphases des éclipses en regardant le Soleil sur un bain d’huile ou de poix 1 2 .Longtemps les populations de l’Europe moderne se sont contentées d’unbaquet d’eau pour examiner les éclipses. Ce moyen est encore employé dansnos campagnes, et comme l’eau, en plein air, n’est jamais tranquille, lesimages sautillent, et les spectateurs sont persuadés jusqu’à ce jour qu’ilsvoient un combat entre le Soleil et la Lune .

Alexandrie , son observatoire et ses bibliothèques. — On est amené àconclure de ce qui précède que la science grecque, bien que plus jeunedans ses développements, prenait insensiblement le pas sur scs contempo-raines. Elle devait peut-être cet avantage au progrès des mathématiques, quilui fournissait un secours puissant. Mais on pourrait croire aussi que ce dernierprogrès n’était, comme la supériorité même de la science des astres, que lerésultat d’une plus grande aptitude logique, et d’un plus vaillant effort desfacultés d’investigation. Toujours est-il qu’à partir des grands travauxgéométriques de Platon, d’Euclide, d’Archimède, d’Apollonius , l’astronomieatteignit bientôt, chez les Grecs, un niveau supérieur à celui qu’ont puréaliser, dans leurs développements séparés, tous les peuples contemporains;et cette astronomie est devenue la base de l’édifice que les peuples modernesont élevé et continuent encore à élever.

Les bibliothèques sont une annexe si indispensable de l’outillage scienti-fique, et elles sont un élément de progrès d’une telle importance, que l’on n’apas à s’étonner si, à l’époque dont nous parlons, on trouve qu’il existait déjàde grandes collections de livres. II y avait au palais de Ninive , commencépar Sennachérib , et achevé par Assourbanipal au milieu du — VII e siècle,une bibliothèque rassemblée par le roi « pour l’instruction de ses sujets. »

1 Ptulemaeus, Magna compositio, lib. v, cap. 14. — 2 Seneca , Quaestiones naturales,

lib. i, cap. 12.