Band 
Première partie.
Seite
176
JPEG-Download
 

176

INTRODUCTION.

CHAPITRE V.

Ce précieux dépôt se composait de tablettes d’argile, sur les deux faces des-quelles les caractères sont tracés comme sur les deux côtés de la page d’unlivre. Comme ces pages, elles étaient numérotées. Quand on voulait en assurerla conservation, on les faisait durcir par la cuisson. Dans l’antiquité, c’étaitsouvent sur une matière molle qu’on traçait l’écriture. Platon avait écrit toutson traité des lois sur des plaques de cire, et ce fut un de ses disciples qui lecopia sur la peau.

Les tablettes de la bibliothèque de Ninive , recueillies par Layard, sontmaintenant au British Muséum de Londres , qui les a publiées en fac-similia.Le palais lui-même était magnifique, et ce qui subsiste des sculptures qui ledécoraient constitue, pour la délicatesse et le fini, les plus beaux restes delart assyrien . Les tablettes appartenaient pour la plupart à une vaste ency-clopédie grammaticale, qui traitait des difficultés de l’écriture au moinsautant que de celles de la langue. Comme en Chine , on apprenait tout enapprenant à lire, la connaissance des choses n’étant pas séparée de celledes mots.

Lorsque les sciences prirent leur essor dans l’Occident , des bibliothèquesse formèrent dans tous les centres intellectuels; mais le foyer principal finitpar se trouver à Alexandrie . Au rapport d’Athénée ', les bibliothèques decette grande ville universitaire contenaient, entre autres, les vastes collec-tions de livres réunies par Aristote et par Théophraste , que Nelus, qui lespossédait, avait vendues à Ptolémée Philadelphe. La bibliothèque du Bru-cliium, qui fut détruite lors de l’incendie de la flotte sous Jules César , étaitla plus ancienne 2 . Celle de Rhakolis occupait une partie du Serapeum, oùelle fut réunie avec le musée. C’est elle qui reçut, par la libéralité d’Antoine,la superbe collection de livres de Pergame .

Rome même, au temps où elle avait cessé de dédaigner la culture dessciences, fit aussi des efforts pour réunir les grandes productions écrites del’esprit humain. Paul Émile y avait formé une première bibliothèque publique,qui fut augmentée par Lucullus 3 . Auguste avait créé celle du Mont Aventin i .Sa sœur Octavie, femme d’x\ntoine, en avait fondé une autre, qui fut appelée,du nom de son fils, la bibliothèque Marcellus à .

Mais Alexandrie était sans rivale comme capitale du monde savant.Quelques siècles avant l’origine de notre ère, elle était le véritable quartier

i Athenaeus, Deipnosophistae, lib. i. — 2 Aldus Gellius, Noctes atticae, lib. vi; Ammianus

Marcellinus , Itistoria, lib. vi, cap. 22. — 3 Plutarchus, De vita Luculli, cap. 83. —/ ‘ Plinius, Historia naturalis , lib. xxxv, cap. Il; Suelonius, De vita Augusti, cap.'26;

Isidorus, Origines, lib. vi, cap. 4. — 3 Plutarchus, De vita Marcelli, cap. SI.