ÉPOQUE EMPIRIQUE. -— LES PREMIÈRES DÉDUCTIONS.
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l’introduction. Les foyers de lumière, d’abord si brillants, de l’Égypte et dela Chaldée se sont éteints; ceux de l’Inde et de la Chine ont fini par languir;dans le Nouveau Monde, le mouvement intellectuel indigène n’a jamaisdépassé les débuts; aux efforts des Grecs se rattache au contraire un déve-loppement scientifique progressif et continu, et c’est de là qu’est sortievéritablement l’astronomie pour atteindre son état moderne.
A mesure que nous avançons, nous avons donc à accorder aux spécula-tions d’origine grecque une prépondérance sur celles des autres peuples,prépondérance justifiée d’ailleurs par le caractère même de ces spéculationsautant que par leur relation historique avec la science de nos jours.
Explication des phases de la Lune. — La géométrie ayant pris en Grèce un admirable développement, tout ce qui tenait aux applications immédiatesde cette science avait pu recevoir une solution. La cause des phases de laLune avait occupé la curiosité de presque tous les peuples. Mais tandis queceux-ci expliquaient ce phénomène des manières les plus diverses, suivantleur degré d’avancement, les Grecs avaient su appliquer ici une sorte dedémonstration mathématique. Il y a un bel exemple de précision logiquedans le passage où Aristote tire de la courbure du terminateur la conclusionque la Lune est une sphère opaque; et l’essai d’Aristarque de mesurer lesdistances relatives de la Lune et du Soleil d’après l’amplitude de la phase àl’instant de la quadrature décèle une entente complète des lois d’illuminationde notre satellite.
Si simples que nous paraissent aujourd’hui ces déductions, il ne faut pascroire cependant qu’elles s’imposaient d’elles-mêmes aux premiers hommes.Ce qui le prouve, c’est qu’on n’y était pas arrivé tout d’un coup. Les Baby-loniens avaient d’abord expliqué les phases de la Lune en supposant à l’astreune face obscure et une face lumineuse, qui se montraient tour à tour parl’effet d’une rotation b Mais on s’élait arrêté ensuite en Chaldée à une inter-prétation plus exacte i 2 . En Grèce , on possédait également, depuis les premierssiècles de la civilisation hellénique, l’explication des phases. Plusieurs desphilosophes classiques avaient prétendu à l’honneur de cette explication;mais Platon fait remarquer qu’il faut remonter plus haut qu’eux 3 .
La Lune était donc éclairée du Soleil. Horapollon fixait à 15° l’élongationnécessaire pour apercevoir le croissant après la néoménie 4 . La Lune avait
i Cleomedes, Cyclica theoria meteoron, lib. n, cap. 4; Vitruvius , De architectura, lib. h,
cap. 4. — 2 Diodorus Sicidus, Bibliotheca historica, lib. n, cap. 31. — 3 P lato, Cratylus .
— 4 tlorapollo, Hieroglyphica, lib. i, cap. 4.
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