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INTRODUCTION.
CHAPITRE VI.
alors un jour et 2 ou 3 heures. Julius Schmidt, à Athènes, a revu la Lune ,dans les circonstances les plus favorables, entre 2o et 20 heures après laconjonction 1 . La coïncidence de ces chiffres n’est certainement pas dépourvued’intérêt. Toutes les observations des anciens s’accordent pour établir queles conditions de visibilité, la transparence de l’atmosphère et la force dela vue humaine n’ont pas subi de changement sensible depuis quinze ouvingt siècles.
Le disque lunaire. — Les observations, en prenant un caractère pluspositif, avaient fait disparaître ces figures purement imaginatives qu’onavait placées dans la Lune . Les astronomes se demandaient ce que sont lestaches qui parsèment le disque de notre satellite. Plutarque , dans son inté-ressant traité de l’aspect de cet astre, qui a eu l’honneur d’être mis en versionlatine par Képler, dit qu’il y en a trois principales 2 . Celle qu’il nomme lapremière, parce qu’elle était sans doute la plus apparente, est « le gouffred’Hécate , où les âmes souffrent et font souffrir les peines des maux qu’ellesont causés, ou qu’elles ont soufferts, depuis qu’elles existent. » Or, la tachede la Lune qui frappe le plus vivement les regards, quand le croissant dusoir a pris une certaine largeur, et qui est la plus visible lorsque l’astreparaît dans le jour à quelque distance du Soleil, c’est mare crisium. Cettetache semble alors plus noire qu’aucune autre. Était-elle le gouffre d’IIécatedes anciens?
Les deux autres taches servaient de passage aux âmes, pour se rendre dela région de la Lune qui est tournée vers le ciel à celle qui est dirigée versla Terre . Il serait impossible de les identifier. Les plus grandes des tacheslunaires surpassaient, dit Plutarque , ^jdu diamètre apparent 3 . La région dela Lune tournée du côté du ciel s’appelait les Champs-Elysées , et celle quiregardait la Terre l’Antichthone de Proserpine. Le mot Antichthone signifiantopposé à la Terre , les Grecs avaient évidemment reconnu que notre satelliteprésente toujours de notre côté le même aspect. Ce fait ne pouvait du resteleur échapper, du moment où ils avaient ébauché, comme on vient de levoir, une description topographique du disque.
Mais la question se présentait de savoir si ces taches étaient réellementinhérentes à la nature de l’astre. Celui-ci réfléchissait la lumière comme unmiroir, un miroir mal poli, il est vrai, dont on distingue la surface 4 . Il n’y