ÉPOQUE EMPIRIQUE. - LES PREMIÈRES DÉDUCTIONS.
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en avait pas moins réflexion. Par suite les taches n’étaient-elles pas lesimages d’objets réfléchis? Or, quels objets étaient placés de manière à sepeindre dans notre satellite? L’idée se portait d’abord sur les contréesde la Terre auxquelles la Lune fait face continuellement. Telle était, en effet,la solution de Cléarque chez les Grecs 1 ; telle est encore celle des Persanset telle était celle que l’empereur Rodolphe II donnait à Képler , lorsqu’ilcroyait retrouver dans les taches de la Lune une représentation de l’Italie 5 .Mais Plutarque indique nettement qu’on reconnaissait aussi dans les tachesdes qualités intrinsèques du corps de l’astre. Non seulement, disait-on, le solde la Lune était plus ou moins brillant suivant les lieux, mais il était inégal,raboteux, et ses inégalités, étant éclairées du Soleil, devaient porter desombres sur les parties basses 4 .
Cependant la lumière cendrée faisait naître certains doutes sur ces conclu-sions. Si la Lune était réellement solide et opaque, comment voyait-on sapartie non illuminée? 11 fallait, disait Posidonius , que la lumière du Soleilput la traverser, vaguement, en devenant diffuse, comme elle passe à traversun nuage 8 ; nous dirions aujourd’hui un verre dépoli. Celle difficulté ne futpas levée avant le XV e siècle.
Périodicité clos éclipses. — L’étude du cours de la Lune avait conduit dureste non seulement à l’explication des phases, mais à celle des éclipses. Onavait pensé d’abord que l’astre qui s’éclipsait quittait sa place et descendaitmomentanément du ciel sur la Terre 6 . Anaximandre , s’imaginant que lesastres nous versent la lumière par un trou, concevait que, dans les éclipses,ce trou est un instant obstrué 7 .
Dans les auteurs grecs les plus anciens le mot éclipse, ecleipsis, ne figurepas encore; on disait alors kathairéseis , par allusion à l’opinion que l’astredescendait de sa place au firmament. Ecleipsis se rencontre pour la premièrefois dans Thucydide 8 , et l’on a la preuve que les Grecs ont été tardifs, commel’ont été plus tard les Romains, à bien comprendre ces phénomènes.
Mais à côté de ces peuples commençants et dans l’enfance, d’autres, qui
i Plutarchus , De facie in orbe Lunae, cap. 3 (4). — 2 A. von Uumboldt, Kosmos, vol. II,
1847, p. 440 (Cosmos, vol. II, 1848, p. 524). — 3 Kepler , Dissertatio cum nuncio sidereo,
in init., dans ses Opéra, vol. II, 1859, p. 491. — 4 Plutarchus , op. cit., cap. 22 (51).
8 Cleomedes , Cyclica theoria meteoron, lib. n, cap. 4. — 6 Herodotus , Historia, lib. vu,cap. 37. — i Scliaubach, Geschichte der griechischen Astronomie, 1802, p. 102-164;Schleiermacher, dans Abhandlungen der Àkademie zu Berlin , 1804-1811, Phil. Kl., p. 119,120. a Thucydides , De bello peloponnesiaco, lib. i, cap. 23.