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INTRODUCTION. - CHAPITRE VI.
totalité même, il reste, dit Plutarque , une clarté comparable à celle du cré-puscule. On aperçoit cependant au ciel les plus belles étoiles L Mais autourde l’astre, ajoute le même auteur, il subsiste une lueur qui empêche la nuitd’être tout à fait obscure 1 2 . C’est ce passage qu’on a regardé comme uneindication de la couronne. Le même phénomène avait déjà été mentionnéd’ailleurs par Philostrate , dans sa Vie d’Apollonius de Tyane 3 .
Le calcul des éclipses n’était pas, pour la science proprement dite, unsimple objet de spéculation et de théorie. Hipparque avait montré que lesobscurcissements de la Lune , arrivant à un instant physique déterminé,donneraient les longitudes géographiques par la différence des heures obser-vées dans les différents lieux. Il fut le premier à faire usage des latitudeset des longitudes pour fixer la position des points sur la sphère terrestre.On peut le nommer le véritable créateur de la géographie astronomique.Mais comme il fallait s’y attendre, à cause des moyens encore imparfaits demesurer le temps, les premiers essais pratiques des longitudes par les éclipsesde Lune ne donnèrent que des résultats sans précision.
Les sphères ho mocen triques. — Les grandes périodes écliptiques à l’aidedesquelles on cherchait à se rendre compte du retour des phénomènesreposaient sur la mesure des révolutions : on ne vit d’abord partout que desmouvements circulaires, dont on croyait l’uniformité la première condition.Le spectacle du ciel était bien fait pour inspirer cette pensée. La rotationdiurne des astres qui s’exécute en apparence autour de nous, et l’illusiond’une voûte qui nous recouvre, présentent à l’esprit la sphère comme lagrande ligure géométrique dans l’univers. On était facilement amené àimaginer que chaque mouvement particulier avait une sphère à lui. Chacunedes sept planètes, en y comprenant le Soleil et la Lune , eut donc la sienne.Les étoiles fixes n’en eurent qu’une, qui était la huitième, parce qu’ellesmarchaient toutes à l’unisson.
Il semblait donc, aux premiers auteurs de systèmes, que pour construire lemonde sidéral il n’y avait qu’à emboîter dans leur ordre, les uns dans lesautres, les moyeux de ces sphères concentriques 4 , transparentes commele cristal, qui entraînaient avec elles les astres qui s’y trouvaient attachés.
L’ordre suivant lequel on supposait que ces sphères entraient les unesdans les autres était indiqué par la vitesse des mouvements propres. Il était