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Première partie.
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ÉPOQUE EMPIRIQUE.

LES PREMIÈRES DÉDUCTIONS.

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naturel de penser que le déplacement le plus rapide était celui qu’on voyaitde plus près. La Lune d’ailleurs ne passe-t-elle pas devant le Soleil et lesplanètes, mais jamais derrière? On forma donc cette échelle, fondée sur larapidité des déplacements angulaires propres : Lune, Mercure, Vénus , Soleil,Mars, Jupiter, Saturne et les étoiles fixes. Le Soleil tenait le milieu de lasérie planétaire, ce qui convenait à sa majesté. Telles étaient les huit sphèresoriginales emboîtées.

Mais quand on se fut familiarisé avec les rétrogradations des planètes,quand on eut découvert l’inclinaison de l’orhite de la Lune , les mouvementsperdirent leur simplicité, et pour les représenter il fallut employer plusieurscomposantes, c’est-à-dire plusieurs sphères concentriques pour chaque astre,s’enveloppant les unes les autres, et douées de vitesses différentes autour depôles différents.

Pour l’intelligence des auteurs grecs, il est bon de dire ici que l’on dési-gnait alors comme mouvement en avant, celui qui s’accomplissait dans lesens de la rotation diurne du ciel, et comme mouvement en arrière celuiqui s’exécutait dans le sens contraire. Ce dernier était donc celui que nousappelons aujourd’hui mouvement direct, tandis que l’autre était notre mou-vement rétrograde.

Eudoxe, ami et contemporain de Platon , fut le premier qui tenta l’énumé-ration en règle des sphères transparentes concentriques. La Lune , dit-il, ena trois : une, ayant l’axe de l’équateur, pour l’entraîner dans sa marchediurne; une seconde, ayant l’axe de l’écliptique, qui roule en sens inverse dela première, et donne le mouvement propre en longitude; enfin une troisième,ayant son axe dirigé aux pôles de l’orbite qui cause les latitudes. Le Soleilavait également trois sphères, qui décomposaient son mouvement exacte-ment de la même manière, Eudoxe ayant adopté la fausse notion que cetastre prend des latitudes comme la Lune '. Chaque planète exigeait pourelle seule quatre sphères : les deux premières reproduisaient le mouvementdiurne et le mouvement en longitude du Soleil, une troisième donnait leslatitudes; mais il en fallait une quatrième, dont la période correspondît à larévolution synodique. C’était celle-ci qui, par la combinaison de son mouve-ment avec les autres, ramenait les stations et les rétrogradations. Unedernière enveloppe, entraînant les fixes avec elle, embrassait tout le système,et portait à 27 le nombre des sphères de cristal d’Eudoxe .

Mais il est évident que ce nombre ne suffisait pas. D’abord les mouve-

1 Voir plus loin, présent chapitre, p. 192.