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INTRODUCTION.
CHAPITRE VI.
ments n’étaient partout que des mouvements moyens : il aurait fallu cepen-dant représenter les équations du centre. Pour les planètes supérieures, ceque nous appelons aujourd’hui la parallaxe annuelle se trouvait négligé, ensorte que la représentation des positions, pour Mars surtout, laissait consi-dérablement à désirer. Aussi Callippe, qui vint après, trouva-t-il nécessaired’ajouter 7 sphères. Deux pour la Lune et deux pour le Soleil donnaient àces astres le mouvement varié en longitude; chacune des planètes Mercure,Vénus et Mars en recevait de son côté une additionnelle. On arrivait ainsi auchiffre de 34-.
Pourtant cela ne suffisait pas encore; le mouvement du périgée lunaire,celui des nœuds, la complication des mouvements apparents ou géocen-triques des planètes exigeaient, à mesure des progrès de la science, de nou-velles additions. Aristote fut amené à porter le nombre des sphères à 5o 1 ;encore n’arrivait-il qu’à des à peu près. Il était clair que celle doctrine desmouvements circulaires et des globes qui nous enveloppaient, si simple et siséduisante dans ses premiers traits, menait, dans les détails, aux complicationsles plus inattendues et les plus singulières. Supposer que les irrégularitésremarquées dans ces mouvements n’éiaient pas réelles ne faisait que reculerla difficulté. Comment alors les expliquer? Quel droit avait-on de les attri-buer, par exemple, à des réfractions dans les sphères cristallines, commeFraeastor le prétendit un moment, au XVI e siècle 2 ?
D’ailleurs il y avait une grave objection à la théorie des sphères homocen-triques : Aristote l’avait entrevue, sans s’y arrêter. C’est que les distances desastres à la Terre ne sont pas invariables. Les diamètres apparents de la Lune et du Soleil ne subissent-ils pas des changements? Il suffisait pour s’en con-vaincre de se rappeler que certaines éclipses de Soleil sont totales, tandisque d’autres sont annulaires. Mais ces phénomènes étaient si rares, et l’onconservait la mémoire d’un si petit nombre d’entre eux, que ce fait n'avaitpas encore produit d’impression. Sosigène est le premier astronome que l’oncite pour en avoir tiré un argument 5 .
Harmonie des sphères. — D’un autre côté, on se demandait assez natu-rellement si la rotation de ces sphères, qui tournaient les unes dans lesautres, ne devait pas produire des sons. Cette pensée avait occupé Pytha-
1 Aristoleks , Metapbysica, lib. xi, cap. 8.— 2 Fracastorius, Homocentriea, 1535. La même
idée avait été émise, dans le siècle précédent, par Turius [Jacopo délia Torre]. — 3 * Prvclus,
Hypotyposes, éd. tlalma, 1820, p. 111; Simplifias, Commentarii in Aristotelis De cœlo,
lib. il, cap. 12.