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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE VI.

faveur d’AbouI Wéfa, en lui attribuant la découverte de la variation a étévivement contestée. Il paraît que l’astronome arabe n’avait fait que para-phraser, d’une manière qui n’était pas exempte d’obscurité, l’ancienne expo-sition de l’Almageste . Une des considérations opposées par J. B. Biot auxprétentions soulevées au nom d’Aboul Wéfa nous paraît surtout décisive 1 2 :c’est que l’inégalité dont parle l’auteur arabe a parmi ses éléments de calculla position de l’apogée, tandis que la variation est, comme on le sait, indé-pendante de celte position. D’ailleurs, s’il y avait eu là une découverte réelle,les successeurs d’Aboul Wéfa l’auraient connue et n’auraient pas manqué d’enfaire profit. Aucun cependant, dans toute l’école arabe, jusqu’à Ulugh-Beighinclusivement, ne fait mention d’une nouvelle inégalité dans le mouvementde la Lune, en dehors de celles de Ptolémée .

La variation, qui atteint son maximum dans les octants, ne fut vraisem-blablement reconnue que par Tycho Brahé , en 1601, grâce aux observationsplus suivies que cet astronome fit de notre satellite dans toutes les parties deson cours. Il fallut, pour en traduire l’effet, ajouter un nouveau cercle, quise mouvait sur le grand. Les mêmes observations de Tycho Brahé dévoilèrentaussi l’équation annuelle, queKépler en dégagea formellement. Cette aequatioanima lui fit donner par opposition, à la variation, le nom d 'aequatio per-pétua , auquel se substituèrent bientôt reflectio, puis variatio. C’est cette der-nière appellation qui est restée.

Mais si les Arabes n’ont pas connu la variation, ils n’ignoraient pas queles plus grandes latitudes de la Lune ne sont pas toujours constantes. Aucommencement du X e siècle, Hassan-Ali ben-Amadjour avait constaté ce fait 3 ,sans pourtant en découvrir la loi. Aussi cette inégalité ne fut-elle pas appli-quée, et l’on peut dire que l’on était arrivé au XVII e siècle sans avoir trouvéde théorie supérieure à celle de Ptolémée .

Si cette théorie ne représentait pas rigoureusement les coordonnées sphéri-ques de la Lune , les distances laissaient encore bien plus à désirer. La combi-naison de cercles à laquelle il avait fallu recourir aurait fait varier la distancede la Lune à la Terre, entre le périgée et l’apogée, presque dans le rapportdu simple au double. Les observations des diamètres n’autorisaient pas depareils écarts. Albalegni, au IX e siècle, en calculant les diamètres apparentsde la Lune d’après les grandeurs observées de différentes éclipses, trouvaitqu’ils varient seulement de 29 J-' à 36 variation encore exagérée. Copernic avait vu cette contradiction, et par une disposition habile des cercles, il avait

1 L. A. Sédillot , dans Nouveau journal asiatique, t. XVI, 1835, p. 436. — ^ J. B. Biot,

dans Journal des savants, 1845, p. 164. — 3 L. A. Sédillot , Histoire générale des Arabes,

liv. vi, ch. 1, 2 e éd., 1877, t. II, p. 16.