ÉPOQUE EMPIRIQUE. - LES PREMIÈRES DÉDUCTIONS.
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essayé d’y remédier sans y parvenir. Tyeho Brahé s’y était exercé pareille-ment, avec plus de succès. Mais malgré tous les efforts des astronomes, onne réussissait pas à rendre compte à la fois, d’une manière complète, desdirections et des distances. La complication des cercles, entés les uns sur lesautres, qui étaient devenus nécessaires pour entrer dans le détail des mou-vements, se trouvait telle que Képler préféra renoncer à ces rouages embar-rassants, et se contenta d’appliquer numériquement les inégalités d’aprèsleur valeur empirique.
On ne pouvait donc voir dans les épicycles qu’une simple hypothèse, unesorte de mécanisme de calcul, mais nullement une réalité de la nature.Ptoiémée ne regardait, en effet, cet échafaudage que comme une construc-tion mathématique. Ce fut le moyen âge qui matérialisa ces cercles auxi-liaires. Alfragan supposait la distance périgée d’une planète égale à la distanceapogée de la planète immédiatement inférieure, de manière que les épicyclesse touchaient. Sacrobosco , dont l’autorité fut si grande et si durable, contribuaplus que tout autre à propager l’idée de sphères solides en cristal, qui nelaissaient entre elles que la place exactement nécessaire aux épicycles poureffectuer leur roulement.
Théorie des planètes. — La théorie de la Lune avait enseigné à repré-senter un mouvement varié par une combinaison d’épicycles et d’excentriques.Le cours apparent des planètes pouvait maintenant être traité d’une manièresemblable. Ptoiémée y fait servir, en effet, un premier excentrique, désignépar ses successeurs sous le nom d’équant ', un déférent dont le centre décritl’équant, enfin un épicycle dont le centre se meut à son tour sur le déférent.Pour les planètes inférieures, le mouvement sur l’équant est principalementle résultat du mouvement annuel de la Terre ; mais pour les planètes supé-rieures, les mouvements sur l’équant et sur le déférent représentent princi-palement la marche héliocentrique, tandis que l’épicycle donne les effets dela parallaxe annuelle, et par conséquent les stations et les rétrogradations.Héraclides de Pont, bien qu’antérieur à Ptoiémée et même à Hipparque ,parait être celui des anciens qui s’est formé la conception la plus claire desmouvements de Mercure et de Vénus autour du Soleil. Dans ses idées, leSoleil était emporté par un épicycle dont le centre était ce que nous appel-lerions aujourd’hui le Soleil moyen. Autour de ce point, les deux planètesinférieures décrivaient des cercles ou épicycles propres, que le Soleil moyenemportait avec lui 1 2 . Quant aux rétrogradations des planètes supérieures,
1 Plus haut, présent chapitre, p. 197. — - Chakidius, Scholia in l’imaeum Platonis,
cap. 109, 110.