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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE VI.

elles avaient quelque chose de choquant. Elles seraient invraisemblables dansdes mouvements réels, disait Sénèque : elles ne doivent donc consister quedans de simples apparences L

On n’en restait pas moins dans l’impossibilité de trouver autre chose queles méthodes, ou si l’on veut les artifices de calcul de Ptolémée . Avec letemps on avait bien amélioré les coefficients numériques, mais sans toucherà la charpente de l’édifice. L’approximation obtenue était à peu près enrapport avec l’exactitude des instruments. Il y avait à Alexandrie , non loinde l’Observatoire, une école, dite des mathématiques, où l’on expliquait cesthéories des planètes, ainsi que la méthode de calculer les positions des astreset d’annoncer les éclipses.

Un petit nombre de points d’une certaine importance ont seuls été ajoutésaux théories grecques avant l’époque moderne, mais ils n’avaient pas conduità changer le fond de la méthode. L’un d’eux fut la généralité du mouvementdes apsides. Les anciens n’avaient connu que le déplacement du périgée lunaire,qui est relativement rapide. Théon de Smyrne , induit en erreur par des me-sures inexactes, avait avancé, il est vrai, que l’orbite solaire tourne sur elle-même 1 2 * ; toutefois le chiffre d’un quart de degré par an qu’il assigne à cemouvement prouve qu’il ne s’agissait pas du véritable phénomène. Mais lesPerses avaient entrevu dès le V e siècle le déplacement séculaire de l’apogéedu Soleil :! , et au IX e siècle les Arabes étaient en possession d’une suite dedéterminations de cet apogée, qui montraient clairement une progression.En 851, Admed ben-Musa ben-Schaker évaluait le déplacement à 1 degréen 66 ans, ce qui donne environ 55" par année l .

Ptolémée avait cru, au contraire, à l’invariabilité des apsides des planètes 5 .Pline ignorait complètement ce mouvement, tandis qu’on a trouvé chez lesbrahmes la connaissance du déplacement des nœuds et des apsides. Maisles astronomes arabes avaient alors établi ce mouvement, et la science del’Inde avait beaucoup emprunté à l’Occident . La lente diminution de l’obli-quité de l’écliptique résultait aussi de la comparaison que les astronomesde Damas et de Bagdad avaient pu faire de leurs observations avec cellesdes Grecs 6 .

Malgré les nouveaux faits qu’ils découvraient, les Arabes n’ont jamaiscessé cependant d’employer, pour représenter les mouvements des planètes,

1 Seneca , Quaestiones naturales, lib. vii, cap. 25, 26. — 2 Theon Smyrnius, Liber deastronomia, cap. 27. — 3 L. A. Sédillot , Histoire générale des Arabes, append. ii,

2 e éd., 1877, t. II, p. 252. — 4 Ibid., liv. vi, ch. 1, t. II, p. 11. — 3 Plolemaeus, Magna

compositio, lib. m, cap. 4. — G L. A. Sédillot , op. cit., append. î, § 3, t. II, p. 227.