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INTRODUCTION.
CHAPITRE VI.
dans l’ordre où ils se présentaient. Ils avaient formé pour chaque planète untableau, en quelque sorte journalier, de tout ce qui se passait durant unerévolution synodique. Après la conjonction, la planète s’éloignait de jouren jour du Soleil ; puis venait le moment de la station, puis celui de la rétro-gradation, et ainsi de suite. Si le mouvement héliocenlrique eût été uniformeet l’orbite circulaire, celte espèce de relevé d’une révolution synodique auraitpu servir à toutes les autres. La révolution typique employée par les Chinoisétait une simple moyenne. Il y avait donc parfois d’assez grandes différencesentre la prédiction et l’événement. Ces différences devenaient surtout sensiblesdans les stations et les rétrogradations, qui étaient les véritables pierresd’achoppement de l’astronomie chinoise.
Dans cette manière de procéder, les tables sont exclusivement géocen-triques et ont pour unique argument le temps. On voit en quelque sorte icile passage du calcul par les révolutions et les cycles à l’analyse empiriquedes mouvements. Les Chinois ne se sont jamais élevés au-dessus de cepoint. A ce niveau leur science astronomique a constitué un cas de dévelop-pement arrêté où elle est encore.
Les livres de l’Inde nous sont maintenant assez bien connus. Le plusimportant, pour l’objet qui nous occupe, est le Sourya-siddhânta, dont lenom de l’auteur reste ignoré. Le texte de cet ouvrage est en vers, ce qui,dit-on, aide à retenir les formules à suivre. Il s’agit en effet d’un recueil derègles empiriques, sans aucune théorie. En suivant ces règles pratiques,comme nous mettons en nombres une formule, les pandits arrivaient àtrouver la position d’une planète ou la date d’une éclipse; mais c’étaitmachinalement, sans connaître les raisons de ce qu’ils avaient fait. Ces règlesde calcul, exprimées en langage ordinaire, avaient d’ailleurs tous les désavan-tages que ce langage présente pour un tel objet, lorsqu’on le compare à laclarté de nos expressions analytiques. Mais il y avait encore une autre sourced’obscurité. Les nombres n’étaient pas écrits au moyen de chiffres : on lesreprésentait par des mots conventionnels, accolés à la suite les uns des autresdans des espèces de monstres grammaticaux, qu’un adepte seul était capabled’interpréter. On faisait ainsi de la science un privilège au profit de quelquesinitiés.
On peut se demander si les règles du Sourya-siddhânta sont originales.L’auteur de ce livre fait usage de l’excentrique pour expliquer les inégalitésdu Soleil et de la Lune ; mais il s’en sert d’une manière presque complète-ment empirique, et les résultats qu’il en tire sont moins exacts que ceux desastronomes d’Alexandrie . Il fait varier le rayon de l’épicycle suivant uneloi destinée à représenter les observations; sur ce rayon variable il élève