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INTRODUCTION.
CHAPITRE VI.
Les diverses civilisations, bien que toutes récentes au point de vue del’histoire du globe, avaient cependant des souvenirs assez anciens pourconstater l’espèce de roulement, d’une extrême lenteur, qui amène suc-cessivement des étoiles différentes dans le voisinage du pôle. Au tempsd’Yao 1 , « Draconis était à 2° 27' du pôle. La petite étoile 10 f Draconisn’en était qu’à 4* 46'. Bien qu’elle soit seulement de 5 e grandeur, c’étaitcette dernière que les Chinois reconnaissaient alors comme polaire; ilsl’appelaient en conséquence tien-y, unité du ciel. La tradition disait que lepôle avait eu précédemment pour voisine une étoile différente, à laquelleon donnait le nom de tay-y, ancienne unité. Mais celle-ci n’est pas identi-fiée et rien ne prouve qu’il y ait là autre chose qu’une vague indication dumouvement du pôle.
L’étoile a Draconis était la polaire des anciens astronomes de l’Assyrie .En Grèce, Hipparque dit que de son temps le pôle formait un quadrilatère avectrois étoiles 2 . Parmi celles-ci il fallait très probablement compter 31 (Hev)Camelopardali, de 5 e grandeur, qui était la plus apparente dans un rayon deplus de 3° autour du pôle de ce temps. Deux sextaires voisines, qu’on trouvaiten se rapprochant de «Ursae minoris, complétaient selon toute apparence lequadrilatère. Delambre, prenant des étoiles plus brillantes mais plus éloi-gnées, se prononce pour « et /3 Ursae minoris et x Draconis 3 .
Mais ce n’est pas par le changement des polaires que les caractères dugrand phénomène de la précession ont été découverts. C’est par le déplace-ment de l’équinoxe. Hipparque , ayant comparé en — 127 la longitude qu’iltrouvait à l’étoile « Virginis avec celle que lui avait assignée Timocharès,aperçut le changement, et conclut à une rétrogradation, lente mais continue,du point équinoxial 4 . Avec une perspicacité extraordinaire, il jugea que cemouvement s’exécute autour des pôles de l’écliptique et non pas dans lesens de l’équateur; puis, avec un pouvoir de déduction non moins remar-quable, il conclut que ce mouvement des étoiles ne leur appartient pas enpropre, mais qu’il est du au déplacement de la route du Soleil. En se repor-tant aux idées du temps, on reconnaît combien il a fallu s’élever par lapensée, et se dégager des notions immédiates des sens, pour établir cespoints fondamentaux.
Cette découverte, la plus remarquable peut-être de celles que l’antiquitéa accomplies en astronomie, fut comme la couronne de la carrière scienli-