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Première partie.
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ÉPOQUE EMPIRIQUE.

LES PREMIÈRES DÉDUCTIONS.

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célestes sont gouvernés par de grandes périodes qui, en se combinant entreelles, ramènent non seulement la sphère des fixes, mais toutes les planètes,à la môme position. Il fallait, selon Achilles Tatius , 350 635 années pour quetout revînt semblable dans les révolutions géocentriques de Saturne : c’était lapériode de restitution de celte planète. Lorsqu’il s’agissait de toutes les pla-nètes à la fois, la longueur embrassée était nécessairement plus grandeencore. C’était la grande année de Platon, dont Cicéron ne croyait pas quede son temps on pût fixer la durée *. Mais Nicetas Chômâtes fut plus hardiet donna le chiffre de 1 753 200 ans

On se figurait qu’à l’origine toutes les planètes étaient parties d’un pointcommun. Au commencement des temps, elles étaient réunies, disaient lesbrahmes, au zéro du mes ha ou Bélier. Albumasar répète qu’à la création dumonde les sept planètes étaient ensemble à 0° Arietis et il ajoute que l’uni-vers finira quand elles y seront revenues. C’est cette idée préconçue qui a faitindiquer, chez différents peuples, des conjonctions placées dans une antiquitéfort reculée 5 . Mais il faut se garder de prendre ces indications pour dessouvenirs réels. Il s’agissait seulement de remonter à un point de départgénéral.

L’idée de placer l’époque des tables à une conjonction hypothétique trèsancienne, commune à toutes les planètes, se trouvait à la fois dans l’Inde età la Chine . D'un côté c’était l’origine du maha-yuga, ou grand âge 4 , de1320 000 ans, mille fois la vieille période chaldéenne fondée sur une pré-cession inexacte. A la Chine , c’était le chang-yuen, c’est-à-dire antiqueorigine, mentionnée dans le San-tong ou les Trois Principes, livre à peu prèsaussi ancien que notre ère.

Après l’expiration de ces immenses périodes, quand toutes les combinaisonsdans les situations relatives des astres auraient été épuisées, quand tous lesaspects possibles des cieux se seraient déroulés, l’univers n’aurait-il pasachevé sa course, et la grande machine ne devait-elle pas enfin s’arrêter?Tout ce qui a vie n’est-il pas d’ailleurs sujet à la mort? C était une opiniongénérale, dans l’antiquité, que l’univers finirait par être dévoré par le feu :ex quo venlurmn nostri putant, ut ad extremum omnis mundus ignesceret,dit Cicéron 1 * 3 . Au X e siècle, la fin du monde fut même annoncée à courteéchéance par Bernard de Thuringe, dont les avertissements jetèrent l’Eu-

1 Cicero, De republica, lib.vi, cap. 15. — 2 Macrobius , Expositio in somnium Scipionis,lib. n, cap. 11. — 3 Voir plus haut, chap. V, p. 146. — 4 Comparez Stuhr, Untersuchungen

über die Stcrnkunde miter den Chinesen und den Indien), 1831, p. 120, 124. — 3 Cicero ,

De natura deorum , lib. 11 , cap. 46.