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INTRODUCTION.
CHAPITRE VII.
À sa naissance, on voit même l’astrologie se lier encore à la sorcellerie,comme à une espèce d’ancêtre. Médée , la grande magicienne, choisit unclair de Lune pour aller, dans son char attelé de dragons, cueillir, sousl’influence de l’astre, les herbes qui doivent rajeunir Eson. Pendant dessiècles, les sorcières ont tenu leurs réunions par le clair de Lune . Mais l’astro-logue était plus qu’un sorcier ou un conjureur. Au temps de l’aslrolâtrie lemagicien était devenu un prêtre; à l’époque de l’astrologie c’était un savant.
On avait été frappé de l’influence en quelque sorte universelle du Soleilsur la lumière, sur la chaleur, sur la végétation, sur la santé humaine. Lors-qu’on fut parvenu à calculer le cours de cet astre, avec une exactitude que lesobservations venaient attester, on crut qu’on pourrait du même coup annonceraussi sûrement les températures, puis, par une pente d’idées assez naturelle,les pluies et les vents qui sont propres aux différentes saisons L Les oragesne sont-ils pas plus fréquents en été qu’en hiver? Ne sont-ils pas parconséquent ramenés par les astres, comme la vendange et la moisson ?N’est-ce pas l’aspect du ciel étoilé qui, dans les Géorgiques de Virgile , indiqueau campagnard les moments où il doit semer ou labourer? Ce sont les astresqui lui amènent aussi la récolte, les astres et non pas le Soleil seulement;car si le Soleil seul agissait, toutes les années seraient exactement les mêmes,et l’observation prouve qu’elles ne se ressemblent jamais parfaitement.
Pline , en parlant des différents vents, les fait presque tous naître du leverou du coucher d’une étoile ou d’une constellation 2 . L’abondance ou la disette,la santé ou les maladies suivaient les saisons et les météores, comme desconséquences qui paraissaient nécessaires et dépendaient des mouvementscélestes. C’était l’astrologie naturelle, qui fait encore l’objet de la croyancegénérale des populations civilisées, au XIX e siècle, à la seule exception desastronomes et des météorologistes de profession.
Combien il était aisé, pour des esprits portés à la déduction, de continuerl’édifice ainsi commencé sur des présomptions, et d’arriver à l’astrologiejudiciaire, qui trace pour l’homme, d’après la disposition du ciel à l’instantde sa naissance, la ligne qu’il doit parcourir dans le temps! Les astres qui luidistribuent les forces et la santé ne doivent-ils pas également déterminerson caractère, lui donner ses passions, le conduire à la fortune ou le livreraux périls et aux malheurs?
La constance et la régularité des mouvements célestes avaient un caractèrede fatalité, qui commandait, si l’on peut s’exprimer ainsi, les effets des silua-