ÉPOQUE EMPIRIQUE. - FRAGILITÉ DES SYSTÈMES.
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tions des astres. Ces effets nous touchaient de tous les côtés. Homère croyaitqu’un homme, dès l’instant où il est né, ne peut plus éviter sa bonne ou samauvaise destinée '. « Les astres, d’après l’exposition de Diodore , influentd’une manière absolue et décisive sur la naissance des hommes et détermi-nent leur bon ou leur mauvais sort. Les changements qui surviennent dansle ciel sont autant de signes de bonheur ou de malheur pour les pays et lesnations aussi bien que pour les rois et les individus. Les astres deviennentainsi les interprètes des volontés divines, ou pour mieux dire des arrêts dudestin 1 2 * . » Les hommes, représente également Aulu Gelle , ne font rienspontanément; toutes leurs actions sont dirigées par les étoiles et par lesguides sidéraux 5 .
Aussi assura-l-on que d’après les différentes configurations des planètes,on pouvait infailliblement conclure le sort de tous les individus. Les posi-tions des astres, au moment de la naissance de chaque mortel, établissaientl’immuable règle de ses jours. J1 ne s’agissait que de bien connaître cespositions pour savoir, par une suite nécessaire, nos inclinations, nos talents,nos mœurs et les événements de notre vie. Par là on pouvait prédire à chacunla prospérité ou l’infortune, la maladie ou la santé, la longueur de la vie etle genre de mort.
Le passage de l’astrologie naturelle à la judiciaire s’est fait, très proba-blement, par l’intermédiaire de la médecine. L’influence des saisons, et parsuite jusqu’à un certain point celle des astres ou au moins du Soleil sur lesmaladies, avait un côté vrai. On l’exagéra, en rapportant aux aspects du cielétoilé ce qui dépendait des temps de l’année. Hippocrate attribuait au retour desPléiades, d’Arcturus et de Sirius des influences funestes sur la santé humaine.Il croy ait à l’existence de jours critiques, dont il plaçait la cause dans les leverset les couchers héliaques. Sirius, venant à la fin de l’été et se dégageant deplus en plus du Soleil en automne, était l’astre qui, d’après une opinion fortancienne, répandait la peste au milieu des populations 4 . Galien mettait aucontraire en première ligne l’action de la Lune . Cette action ne se voyait-ellepas dans les marées, dans la menstruation des femmes, dans les gelées et lesrosées nocturnes lorsque l’astre brillait de tout son éclat? Dans cet échafau-dage de déductions prématurées, il n’était pas facile de distinguer ce quiétait fondé de ce qui était illusoire et purement fictif.
Toute la substance du corps humain, dit Firmicus 5 , est soumise à l’action
1 Uomerus, (lias, lib. vi, v. 488. — - Diodorus Siculus , Bibliotheca historica, lib. n,
cap. 3. — 3 Si hommes nihil sua sponte faciunt, sed ducentibus stellis et aurigantibus (Auhis
Gellius , Noctes atticae, lib. xiv, cap. 1). — ■'* Uomerus, Ilias, lib. xxn, v. 29. — 8 Firmicus,
Astronomicon, lib. iv, praef.
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