ÉPOQUE EMPIRIQUE. - FRAGILITÉ DES SYSTÈMES.
225
L’astrologie en Afrique et chez les Orientaux. — L’astrologie, erreursavante liée aux théories planétaires, ne pouvait pas non plus devancer cesthéories. Elle n’a de place ni pendant le règne du fétichisme, ni même auxdébuts de celui de l’astrolâtrie. Elle ne pouvait pas plus que la semaine setrouver chez les noirs incultes de l’Afrique , ni chez les Indiens les plusgrossiers du Nouveau Continent. Depuis les Boschimènes et les Hottentots duCap jusqu’aux Ashanties et aux Mandingos de la Guinée et du Sénégal , iln’y en a pas de traces. Ces peuplades sont les représentants d’un passéextrêmement ancien, arrêté avant la découverte des grandes planètes. Maisoù la civilisation s’était élevée au niveau convenable, l’influence des astresfaisait partie des croyances de la société.
Ainsi, en Égypte , l’astrologie avait été cultivée à une éqoque fort recu-lée C Au temps d’Hérodote, elle y était d’un usage général 2 . Elle restaitquelque peu mêlée à la mythologie astrolâlre, qui l’avait précédée. Leslivres d’Hermès représentaient les trente-six décatis 3 * ou horoscopes occupés,sous la direction d’un dieu multiforme, à dispenser la vie, suivant unemarche déterminée, concurremment avec les planètes i . N’est-ce pas la com-binaison de tous les mouvements qui engendre au ciel les rapports variablesdu Soleil avec les signes zodiacaux et les différents astérismes, et qui par làamène les levers, les couchers, les conjonctions et les oppositions? Or, sedisait-on, tout cela se reflète sur la Terre par la marche de l’année, desmois, des saisons et des influences qui y correspondent. Les Égyptiensétaient persuadés que ce que nous croyons dépendre de notre volonté et denotre libre détermination se trouvait en réalité lié aux configurations desastres et qu’en cela consistait la destinée 5 . Quiconque, disaient plus lard lesArabes , connaît cette grande chaîne qui rattache le monde inférieur aumonde supérieur, ou la Terre au ciel, connaît absolument tous les mystèresde la nature.
Dans l’astrologie égyptienne, le corps humain était divisé, à l’instar duzodiaque, en 36 parties ou régions, dont chacune était sous la protectiond’un décan 6 . Necepso, un des maîtres de cette astrologie, avait lié l’influencedes décans aux différents états de la santé de l’homme 7 . Sur les ancienscalendriers égyptiens, on voit non seulement les levers et les couchers desétoiles, mais aussi les vents qui doivent souffler à ces époques et qui sont