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INTRODUCTION.
CHAPITRE VII.
des principes infaillibles pour régler la conduite des personnes de tout étatet de tout âge, dans chaque circonstance de leur vie. Ces dogmes astrolo-giques interviennent souverainement et sans cesse, dans les arrangementsdomestiques et les pratiques du peuple. Ainsi il y a des jours, des mois, heu-reux ou malheureux, dont l’indication est perpétuellement consultée, lorsqu’ils’agit de régler les relations de famille, les mariages ou rétablissement desenfants. Aucune pratique de la religion n’exerce une influence plus forte,plus constante, sur toutes les classes de la population de l’Inde , et c’est enétudiant ses effets que l’on peut voir à nu la profondeur de l’esclavage intel-lectuel où cette population est plongée 1 . »
La même appréciation doit s’étendre au Siam, où les astrologues se serventdes méthodes indiennes pour établir l’horoscope de ceux qui viennent lesconsulter. Au Thibet, Marco Polo nous représentait les astrologues commejouissant d’une très grande vogue et d’une sorte de pouvoir. Lorsque quel-qu’un mourait ils en tiraient l’horoscope, et reconnaissaient, d’après l’étatdes constellations et la situation des planètes, à quel moment il fallait pro-céder à rinhumation, si l’on voulait obtenir pour le défunt une réceptionfavorable dans l’autre monde. Les obsèques étaient ainsi retardées parfoisd’une semaine et dans quelques circonstances de mois entiers 2 .
En Chine, à Cambalù [Péking], dit encore Marco Polo , il n’y avait pasmoins de cinq cents astrologues et devins 3 . Ils étaient également fort nom-breux dans la grande métropole commerciale de Quinsay où ils se tenaienten foule sur les places publiques, prêts à donner leurs consultations ; car nuln’entreprenait une affaire d’une certaine importance sans avoir demandé leuravis ’. « Tout est plein à la Chine de tireurs d’horoscopes, dit Duhalde danssa description de l’état moderne de cet empire. Ce sont pour la plupart desaveugles, qui jouent d’une espèce de théorbe, et qui vont de porte en portes’offrir à dire la bonne aventure, pour deux ou trois doubles. Il est étonnantd’entendre ce qu’ils débitent sur les huit lettres qui composent l’an, le mois,le jour et l’heure de la naissance d’un chacun, et qu’on appelle pour cetteraison pa-iseë. Ils vous prédisent des malheurs généraux qui vous menacent;ils promettent ordinairement des richesses et des honneurs, grand succèsdans le commerce ou dans les éludes; ils vous apprennent la cause de votremaladie ou de celle de vos enfants, pourquoi votre père ou votre mère sontmorts 6 . » Les Chinois, ajoute en un autre endroit le même historien,
1 lloisington, The oriental astronomer, 1848.— 2 Marc Paul [XIII e siècle], Voyages , liv. i,
ch. 36. — 3 Jbid., liv. n, ch. 25. — 4 Ilang-tscheou-fou, par 30° 28'N et 120° V E de
Greenwich. — Marc Paul, ouvr, cit., liv. n, ch. 68. — 6 Duhalde, Description géogra-
phique, historique... et physique de la Chine , 1735, t. III, p. 40.