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Première partie.
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ÉPOQUE EMPIRIQUE. - FRAGILITÉ DES SYSTÈMES.

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logique proprement dite avant d’arriver aux puissances physiques et systé-matiques des astres. Les Romains , plus jeunes encore, se montreront à nous,tout à l’heure, dans un état encore moins avancé d’évolution.

La Grèce n’était pas d’ailleurs restée complètement étrangère, dans destemps relativement anciens, à de premières idées de l’influence des astressur nos actions. Dans Homère , une éclipse de Soleil fait prévoir aux préten-dants de Pénélope le retour d’Ulysse et leur semble un mauvais présage 1 .À Sparte , les tendances astrologiques se sont manifestées de bonne heure.Les Lacédémoniens n’entreprenaient rien de grave et surtout ne livraientpoint de bataille pendant le décours. Une fois tous les neuf ans, leurséphores choisissaient une nuit sereine et sans Lune et allaient s’asseoir dansun endroit découvert en regardant le ciel. S’ils apercevaient alors une étoile(liante, ils mettaient leurs rois en accusation, ce signe étant une présomptionqu’ils avaient commis contre les dieux quelque péché secret 2 .

Après l’époque d’Alexandre, il s’était fait une fusion entre l’astrologie del’Égypte et celle de la Chaldée, d’où était résultée pour les Grecs l’apotéles-matique ou science des influences. Mais ce fut seulement au + II e siècleque l’on commença à distinguer entre l’astrologie et l’astronomie, distinctionqui était le signe d’un progrès. Les astronomes les plus sérieux regardaientdéjà la judiciaire au moins avec une certaine défiance, et semblaient com-prendre que le terrain n’était pas solide sous leurs pieds. On doute que lesouvrages d’astrologie qui nous sont parvenus sous le nom de Ptolémée soient réellement de lui. En effet, il n’y a pas un mot de cette fausse sciencedans l’Almageste . Ces ouvrages ne sont probablement que le résumé del’ancienne astrologie égyptienne. Le Tetrabiblon ou Quadripartitum contientles règles de l’art. Le Centiloquium est un recueil de cent aphorismes sur laprédiction de l’avenir.

Rome primitive n’était pas arrivée jusqu’à l’astrologie. Numa avait établi,non pas des astrologues, mais des augures. César soutint cette ancienneinstitution de tout son pouvoir et combattit les tentatives de ceux qui lisaientdans les astres et qui cherchaient, de son temps, à s’insinuer dans lesaffaires publiques. Tibère , bien qu’il consultât Trasyllus sur l’avenir indiquépar les aspects du ciel, s’opposa au progrès de l’astrologie. Claude faillit uninstant céder à la pression qui ne cessait de s’exercer. Adrien se laissaentraîner et lit souvent appel à des astrologues. Mais Vitellius et, après lui,Domitien et Dioclétien poursuivirent activement les adeptes de l’art chaldéen.On voit cependant, par un passage de Juvénal , que la rigueur avec laquelle

i Homerus, Odyssea, lib. xx, v. 351. — 2 Plutarchus , De vitîs Agidis et Cleomenis, cap. 14.