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Première partie.
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INTRODUCTION. - CHAPITRE VII,

on traitait à Rome les astrologues était loin de nuire au crédit qu’ils acqué-raient secrètement auprès du public.

Le poème de Manilius est écrit sous l’influence constante d’idées astrolo-giques. Mais lorsque les Romains furent arrivés, par l’aide des Grecs, à undéveloppement scientifique plus complet, leurs hommes éclairés commen-cèrent à examiner les choses de plus près. Sénèque et Favorinus 1 ne con-servaient pas d’illusion sur la vanité de l’astrologie et Sextus Empiricus acombattu cette fausse science par de solides raisons 2 .

L’astrologie au moyen âge et dans l’Europe moderne. — Saint Augustin cependant croyait encore fermement à l’influence des astres 5 . D’abordconsidérée par l’Église chrétienne comme incompatible avec le principe dela responsabilité morale, l’astrologie avait fourni des explications qui furentquelque temps admises et semblèrent un moyen de tout concilier. Il y avait,disait-on, dans les planètes, des influences produites par des émanationsparticulières, telles que nous en recevons du Soleil, mais plus subtiles et parlà plus difficiles à percevoir. Ces influences, tombant sur la tête d’un enfantnaissant, affectaient d’une certaine manière les fibres de son cerveau et, parsuite, déterminaient des mouvements corrélatifs, qui donnaient les inclina-tions. De cette manière, la liberté et la responsabilité morale de l’hommeétant sauves, on vit, surtout à partir du VII e siècle, des chefs même de lareligion chrétienne s’enthousiasmer de l’astrologie. Les plus célèbres docteursde l’école s’émerveillaient de sa profondeur, en admirant sa témérité. Bientôtles astrologues furent des puissances. Le X e siècle et les siècles suivants lesvirent se multiplier, se rehausser de l’admiration des peuples et s’enorgueillirde la familiarité des rois.

Cette extension était due d’ailleurs, en grande partie, à l’exemple desArabes, dont l’Europe recevait alors ses connaissances et imitait les établis-sements d’instruction. Or, les Arabes étaient arrivés à ce point du dévelop-pement scientifique où, les mouvements des planètes étant soumis à descalculs au moins assez approchés, l’esprit de système groupe les astres autourde la Terre et de ses habitants. L’astrologie fut l’étude favorite des Arabes.Elle reçut la consécration de leur enseignement universitaire, parut dansleurs mosquées et, s’installant à la cour des khalifes, conquit chez eux uneplace officielle, comme celle qu’elle avait occupée chez les Chaldéens.

i Cité par Aldus Gellius, Noctes atticae, lib. xiv. — - Sextus Empiricus , Adversus mathe-

maticos, lib. v. — 3 Augustinus , De civitate Dei, lib. v, cap. 6.