ÉPOQUE EMPIRIQUE.
FRAGILITÉ DES SYSTÈMES.
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Les Arabes ont eu des astrologues par centaines. Les deux principauxfurent Albumasar , au IX e siècle, et Hali-ben-Rodoan, dans la première partiedu XI e siècle. Le premier nous a laissé un traité complet, qui était regardépar les adeptes comme un véritable chef-d’œuvre. Les ouvrages du secondfaisaient l’admiration constante de Cardan.
A la renaissance, parmi les hommes distingués qui, à la suite des Arabes ,sacrifièrent alors à l’astrologie, il faut citer Regiomontanus , Ronati, Stœfflerdont les éphémérides sont remplies d’annonces d’événements futurs faites parla judiciaire. Leovitius eut après lui la vogue pour les prédictions. La moitiédes œuvres de Lucas Gauricus, évêque de Civita Vecchia , est composéed’astrologie. Argoli a donné, en 1608, un ouvrage où il construit les thèmescélestes d’hommes célèbres. Partant de l’aspect du ciel au jour, à l’heure età la minute de leur naissance, il recomposa leur vie après coup dans tous sesdétails.
Ce mouvement ne passa cependant pas entièrement sans protestation. Aunombre des adversaires déclarés de l’astrologie, il faut citer Pic de la Miran-dole, qui a vivement attaqué les prétendus principes de cette fausse science.Mais une erreur traditionnelle ne manque jamais de défenseurs. Il suffitqu’une doctrine existe, quelle qu’elle soit, pour trouver abondance d’apolo-gistes. Bel la n ti et Abiosi prirent la défense du grand art. Les puissants dujour, chez qui l’esprit scientifique n’a pas plus d’accès qu’auprès du vulgaire,vinrent au secours du préjugé. Vers la fin du XIV e siècle, une chaired’astrologie fut créée à Paris , et eut pour premier titulaire maître Gervais,« souverain médecin et astrologien. » Képler , qui ne parvenait pas à sefaire payer le traitement attaché à son titre de « mathématicien de l’empe-reur, » se vit supplanté près de Wallenstein , auquel il ne fournissait pasassez de prédictions, par un astrologue italien qu’on gratifia d’une existenceprincière.
Les historiens ont conservé le souvenir qu’au moment où le gouverneurde Cuba, Diego Velasquez, s’apprêtait à envoyer Cortéz au Mexique , sonastrologue attitré, Juan Millan, s’opposait de toutes ses forces à l’expédition,pour laquelle les astres annonçaient une issue désastreuse. Cortéz lui-mèmeavait avec lui une sorte de devin, nommé Botellas, qui fut tué à l’assaut deMexico .
Autour de Catherine de Médicis , rien ne se faisait sans consulter les astro-logues, que les dames de sa cour appelaient leurs « barons L » Nostrada-mus était alors une sorte d’oracle. C’est dans les cours que l’astrologie pro-
1 Delrio, Disquisitiones magicae, 1593, lib. m, part, n, quaest. iv, sect. 6.