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Première partie.
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INTRODUCTION. - CHAPITRE VII.

prement dite, la divination par les aslres, s’est le plus longtemps conservée.L’aumônier du duc d’Anjou, Giontini, en latin Junclinus, qui n’était pasd’ailleurs sans mérite comme astronome, était chargé par la reine qui orga-nisa la Saint-Barthélemy de rechercher l’issue des événements dans lesaspects des astres. On voit encore à Paris , sur la circonférence extérieure dela Halle aux blés, le pilier que Catherine avait fait élever pour l’étude horo-scopique du ciel ', et sur le haut duquel elle a plus d’une fois accompagnéCorne de Ruggieri, son astrologue intime.

Charles I er d’Angleterre avait aussi un astrologue en titre, nommé Lilly,qu’il consultait pour toutes les affaires importantes, et auquel le parlementlui-même s’adressa au sujet de l’évasion du roi. Jusqu’au commencementdu XVIII e siècle, on venait encore quelquefois consulter les astronomes desAcadémies pour leur demander l’avenir. Dans un des premiers volumes dela Connaissance des temps, celui de 1705, l’éditeur Lieutaud croit devoirs’excuser de ne point mêler de prédictions politiques et météorologiques àses éphémérides. Par un rapprochement piquant, les premières tables quiaient été calculées d’après la théorie de la gravitation, celles de Joseph del’Isle, furent en même temps les dernières tables astrologiques. Elles avaientencore été construites en vue des thèmes de nativité. Ces faits ne remontentpas plus haut que le siècle qui nous a précédés.

Jusqu’à l’avant-dernière année du XVIII e siècle, il a paru en France unalmanach qui indiquait d’après les astres les jours favorables pour prendremédecine, se couper les ongles et se faire tailler les cheveux 1 2 . C’était la con-tinuation d’un vieil usage; on trouvait déjà les mêmes avis dans le plus anciendes almanachs imprimés, qui est aussi un des premiers monuments de l’arttypographique 3 . Toutefois le dernier des astrologues avoués et d’une certaineréputation scientifique avait été Morin, professeur au Collège de France ,mort en \ 656. L’astronomie lui doit l’observation des étoiles en plein jour;mais il a combattu toute sa vie et à outrance le mouvement de la Terre . Ildevait comprendre instinctivement que l’assimilation de notre globe auxplanètes était appelée à renverser toutes les conceptions géocentriques etanthropocentriques élevées pendant la période des systèmes. On voyait s’ou-vrir une ère véritablement nouvelle, où tout était déplacé. Les vieux espritsne pouvaient accommoder leurs pensées à ce monde nouveau. Il a fallu cinq

1 Pingré, Mémoire sur la colonne de la Halle aux blés, 1764. — 2 Maribas, Almanach

fidèle, publié à Troyes jusqu’en 1799 inclusivement. — 3 Conjunctiones et oppositiones

Solis et Lunae in anno Domini 14o7.