ÉPOQUE EMPIRIQUE.
FRAGILITÉ DES SYSTÈMES.
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ou six générations pour que les hommes spéciaux, nous ne parlons pas dupublic général, se fissent à cette conception différente.
Ce que ce changement de point de vue a emporté de vieilles erreurs, etnoyé de préjugés scientifiques, est innombrable. L’astrologie judiciaire estune des illusions, un des systèmes, qui n’ont pas pu survivre à cette immenserénovation. Mais l’astrologie naturelle, grâce à des relations en apparenceplus logiques, est encore debout. Les citadins et les campagnards, les lettréset les illettrés, les élèves sortis de nos plus hauts établissements d’instructioncomme les ignorants, les jeunes gens aussi bien que les vieillards, tous oupresque tous conservent la notion systématique de l’influence de la Lune sur le temps. C’est une tradition, une opinion inculquée par l’éducation, etpeut-être un exemple de l’hérédité des idées.
Principes de l’astrologie. — La chaîne de déductions, ou si l’on veutl’édifice systématique de l’astrologie, n’a plus aujourd’hui d’intérêt scienti-fique et n’est plus qu’un objet de curiosité. Comme les systèmes de philo-sophie, dont elle forme en quelque sorte le parallèle dans la science de lanature, la judiciaire nous montre par quels faibles indices l’esprit humain,une fois qu’il est lancé dans une voie, se laisse guider.
Il y a dans le De judiciis ustrorum d’Aben-Ragel 1 une bonne expositiongénérale des principes de l’astrologie. On y voit d’abord le Soleil, père detoutes choses, procréant la lumière par sa conjonction avec la Lune , et dis-tribuant aux différentes planètes les attributs dont elles sont chargées : àJupiter la justice, à Vénus le soin de donner la beauté, à Mars le comman-dement de l’armée céleste. En passant par les douze signes du zodiaque, leSoleil subit des influences, qui donnent à son énergie universelle, combinéeavec celle des planètes, douze nuances différentes, que l’astrologue doit savoirdistinguer. Victorieux au solstice d’été, le Soleil n’est plus, à l’autre solstice,qu’un monarque dépossédé et vaincu.
L’influence des astres résultait de trois facteurs : la nature de la planète,ses aspects et la situation qu’elle occupait au moment désigné. Le Soleilétait bienfaisant et favorable ; c’était l’astre des souverains, des princes dusang et des grands magistrats. La Lune était humide et mélancolique; elleprésidait à tous les métiers qui s’exercent la nuit, tels que ceux de comédien,de vidangeur, de cabaretier, et à ceux qui se pratiquent dans l’ombre, d’usu-rier et de maquignon. Mercure était inconstant et variable; il dominait sur
1 Au commencement du Xl u siècle.
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