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Première partie.
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ÉPOQUE EMPIRIQUE. - FRAGILITÉ DES SYSTÈMES.

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Pingre rapporte qu’après la mort de Luther, un calculateur d’horoscopesavait rétabli, à l’aide d’un thème de nativité, tous les événements de la viede cet homme célèbre. Il montrait comment chacun d’eux avait été amenépar la configuration des astres, au moment indiqué. Seulement, en prenantla date de la naissance de Luther, bien qu’il fût exact sur l’heure, le jouret le mois, il s’était mépris sur l’année '.

L’astrologie ne s’est jamais trouvée embarrassée lorsqu’il s’agissait d’évé-nements passés. S’il lui arrivait de s’être trompée sur ceux de l’avenir, àmesure qu’on voyait les anciennes règles faillir dans l’application, on enétablissait de nouvelles sous l’inspiration du moment. Une analogie imagi-naire, un vain rapprochement suffisaient pour persuader aux astrologuesqu’ils suivaient le fil de déductions logiques. Il y eut des planètes amies et desplanètes ennemies, des positions où elles conspiraient et d’autres où elles secontrariaient. Vénus fut amie de Mars et ennemie de Saturne . Sous certainsaspects, ceux de trine et de sextile 2 , par exemple, les amis se brouillaient.L’opposition, la quadrature, l’octant produisaient d’autres effets. Puis il yavait les aspects ascendants et les aspects descendants, les levers, les cou-chers, les culminations. Le nombre des conditions dont il fallait tenir compteaugmentant toujours, on avait pour deux nativités, lors même qu’elles étaienttrès voisines, des conditions astrologiques différentes, qui permettaient devarier les prédictions presque autant que l’exige la diversité des destinées.

Les symboles astrologiques. — Dans une pareille science il y avait ungrimoire. Les effets des douze maisons étaient inscrits dans les comparti-ments d’une figure géométrique, au centre de laquelle étaient marquées ladate et l’heure précise de l’horoscope. Les signes du zodiaque et les diffé-rents astres influents étaient représentés dans l’écriture par des symboles,dont l’usage a survécu, au moins en ce qui concerne les planètes. Deux deces caractères, O et f), affectés respectivement au Soleil et à la Lune , étaientempruntés aux plus anciens hiéroglyphes égyptiens; on s’en servait déjà autemps de la première dynastie, il y a six mille ans, et l’écriture semi-phonétique des temps postérieurs les avait conservés comme symbolesidéographiques.

Quant aux signes employés encore aujourd’hui pour désigner les planètes,ils n’ont été créés qu’au moyen âge et sont un legs direct de l’astrologie.

i Pingré, dans son édition de l’Astronomicon de Manilius , 1786, vol. I, p. 131, note.— 2 Trine, distanee de 120° en longitude; sextile, distance de 60°.