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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE VIII.

il la doclrina pythagurica, divinae Scripturae omnino adversans 1 , Luther aencore moins ménagé le grand astronome de Tliorn. « Le monde prêlel’oreille, s’écrie-t-il, lorsqu’un asfrologue s’élève qui prétend montrer quela Terre tourne, et que ce ne sont pas les cieux ou firmament, ni le Soleil,ni la Lune . Celui qui veut paraître habile, continue-t-il, se met à créer unnouveau système, naturellement toujours meilleur que les autres. Ce fouprétend renverser toute la science astronomique; mais la sainte Ecriturenùus dit que c’est au Soleil et non à la Terre que Josué a commandé des’arrêter. » Qu’on prononce aujourd’hui de quel côté, celui de Copernic oucelui de Luther, était la folie, et de quel côté la raison et la perspicacité.

Multiplication des faits scientifiques. — Mais les préjugés ont beau secourroucer, les faits s’accumulent malgré eux, et c’est cette connaissance plusdétaillée des phénomènes qui en fait entrevoir les véritables lois. L’induction,timide d’abord et mai assurée, jette en avant une nouvelle conception fortdifférente des anciennes idées. Puis à mesure que de nouveaux faits viennents’ajoutera la science, celte induction, si elle est juste et fondée, trouve dansl’accord des observations avec la théorie une imposante confirmation.

On comprend d’ailleurs qu’afin de passer à cette phase inductive, la pre-mière condition pour une science est de posséder des faits positifs, de réunirdes observations exactes, exprimées autant que possible par des mesures.Toute loi régit un ensemble, et pour en prendre une idée, il faut avoir sousles yeux, non un cas isolé, mais une série d’exemples, qui suggèrent leprincipe duquel ils dépendent. L’accession de l’astronomie à la phase induc-tive était donc subordonnée à l’accumulation des faits, et le développementde celte phase à l’augmentation progressive du nombre des observationsrigoureuses.

On peut juger du changement qui s’est opéré dans la vitesse d’acquisitiondes connaissances, par la rapidité de plus en plus grande avec laquelle lascène change, si l’on peut s’exprimer ainsi, à mesure que nous avançons.Ptolémée a été pendant dix siècles l’autorité presque unique en astronomie,comme Aristote l’était en philosophie. L’exposition des sept arts libéraux,dans la Margarita philosophica de Reisch, au XV e siècle, diffère à peine, pourle fond, de celle que Martianus Capella écrivait mille ans auparavant. A larenaissance, le traité de la Sphère de Sacrobosco a pu rester pendant troissiècles l’ouvrage élémentaire par excellence. Tandis qu’aujourd’hui un livreclassique a vieilli au bout de trois ans.

4 Termes de la condamnation de l’ouvrage de Copernic par la Congregazionc dell’ Indice,du 5 mars 1616.