ÉPOQUE INDUCTIVE. - DÉVELOPPEMENT DES OBSERVATIONS.
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L’accélération du progrès, de siècle en siècle, est un des faits les plusremarquables et les plus saillants de l’histoire de la science. Il n’est pasd’ailleurs particulier à l’astronomie. Il est peut-être ici plus saisissable etplus frappant, à cause de la plus grande ancienneté de cette science. Maisdans quelque branche des connaissances qu’on envisage le développementscientifique, on est forcé de reconnaître que ce développement s’accélère àmesure qu’on avance.
C’est qu’aujourd’hui toute l'initiative humaine s’est portée dans le domainedes sciences, soit pures soit appliquées. L’art ne crée plus rien d’absolumentneuf. La poésie, ce langage un peu fictif affectionné par les hommes jeuneset par les peuples qui commencent, se perd rapidement. La philosophie nefait que poursuivre, dans un cercle séculaire, ses discussions cent fois renou-velées, à la recherche de solutions toujours contestées. Il n’y a plus d’ini-tiative que dans les sciences et dans leurs applications. C’est là seulementque le domaine de l’intelligence s’enrichit aujourd’hui de génération engénération.
Les Observatoires des Arabes. — Le jour où la science devient inductive,elle est poussée d’ailleurs vers la multiplication des faits, car une inductionn’a de valeur que par la comparaison des théories avec les observations.L’astronomie inductive ne pouvait marcher en avant qu’à la condition d’avoirà sa disposition non seulement un grand nombre de faits, mais aussi etsurtout un grand nombre de mesures. A ce titre, ce fut la période arabequi en prépara l’avènement.
Les Arabes avaient compris, en effet, la nécessité de suivre les phénomènesdans leurs détails et de réunir de nombreuses observations. Dans l’espoir derendre celles-ci plus exactes, ils avaient agrandi les instruments. Ils avaientfondé de beaux observatoires, où se faisaient des travaux assidus. On voitencore à Bagdad, près du pont du Tigre , un bâtiment appelé ressad-kanc,qui a servi à l’observation des astres. C’était le second édifice astrono-mique élevé dans cette capitale ; il date de la dernière partie du X e siècle, etAboul Wêfa y a été l’un des premiers à suivre les planètes dans toutes lesparties de leur cours. Il remplaçait un observatoire plus ancien, construitsous Almamoun, et confié à son origine à Alfragan. Il y a eu à Bagdad unquadrant de 6 mètres de rayon et un arc méridien en pierre, embrassant 60°,qui avait un rayon de 17 mètres, et servait à prendre les hauteurs culmi-nantes du Soleil.
Il existait aussi, dans le IX e siècle, un observatoire à Damas. Albategniétablit le sien dans le palais d’Aracle, aujourd’hui Rakha, au nord-ouest de