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INTRODUCTION.
CHAPITRE VIII.
Bagdad. Un peu plus tard, Ibn Younis en éleva un autre au Caire , d’abordsur une mosquée, puis à l’est de la ville, sur la colline de Mokattam. C’est làqu’il essaya des battements d’un pendule libre, dont on comptait à l’œil lenombre des oscillations, pour comparer des intervalles de temps C’estlà aussi qu’il imagina d’observer le Soleil par réflexion sur l’eau 1 2 . AuXII e siècle, Geber , fils d’Afïla, construisit comme observatoire la tour de laGiralda de Séville , qui fut le premier monument astronomique élevé sur lesol européen.
Plus tard, quand le mouvement arabe fut refoulé en Orient, Ilskhan-Olagou, petit-fils de Djenghiz-Khan, fonda à Meragah, près de Tauris, unobservatoire magnifique, qui fut le siège des travaux de Nassir-Eddin. On ytrouvait aussi des instruments immenses, et parmi ceux-ci le premier gnomonà trou qui ait été mis en observation régulière. Au XV e siècle, Ulugb-Beighavait un observatoire à Samarkaude, et peu après cette époque les souverainsmongols de l’Inde établissaient aussi de grands instruments astronomiquesdans les principales villes de leur empire. Cet outillage différait à peine decelui que Tycbo Brahé employait encore, à la fin du XVI e siècle, dans sonobservatoire d’Uranibourg . 11 y avait là des quarts de cercle immenses, ornésde dessins gravés sur leur surface, dont le fini artistique luttait avec la préci-sion géométrique 3 .
Grâce aux observatoires réguliers des Arabes , les mesures s’étaient mul-tipliées; on avait de nombreuses positions des planètes dans toutes lessituations, et l’on commençait à apprécier l’importance des comparaisonsnumériques. Arzachel avait employé plus de 400 observations pour déter-miner la longitude de l’apogée du Soleil. Les tables d’Alphonse de Castille 4 ,auxquelles avaient travaillé Aben Musa et Mohammed de Séville, Aben Aliet Abuena de Cordoue, À-ben lîagel et Alehabitius de Tolède , résumèrent enquelque sorte, au milieu du XIII e siècle, les éléments numériques plus exactsqui résultaient des observations de la période arabe.
Décadence et renaissance en Europe . — Pendant six ou sept siècles, toutel’initiative scientifique, au moins dans la moitié occidentale de l’AncienContinent, avait été concentrée parmi les Arabes. La civilisation gréco-latineavait rapidement dégénéré. Celle chute est clairement attestée par les inva-
1 E. Bernard, dans Philosophical Transactions , 1684, p. 723. — 2 Connaissance, des
temps, 1811, p. 480. — 3 Tycho firalié, Astronomiae instauratae mechanica, 1598.—
* Alphonsus Rex Castillae, Coelestium motuum tabulae; publiées pour la première fois
par Joannes Saxoniensis [Jean de Saxe] en 1483, et restées les meilleures jusqu’à la tin duXVt e siècle.