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Première partie.
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ÉPOQUE INDUCTIVE.-DÉVELOPPEMENT DES OBSERVATIONS.

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devait fournir le moyen de reproduire des intervalles tous égaux entre eux.Seulement un pendule libre, mis en oscillation, s’arrête après peu d’instants.Ibn Younis s’en était servi cependant, comme nous l’avons déjà dit, dansson observatoire du Caire , pour comparer des intervalles de temps d’après lenombre des oscillations, comptées à l’œil '. Mais cette pratique exigeait uneassiduité fatigante, et quand les oscillations avaient beaucoup perdu de leuramplitude, le compte était difficile à continuer.

Il est vrai qu’on avait la ressource de donner à l’appareil une nouvelleimpulsion. On suspendait aussi le poids à une double corde, comme unebalançoire, pour empêcher les oscillations, lorsqu’elles devenaient très petites,de prendre une allure conique qui en enlevait la netteté. La méthode n’enrestait pas moins très pénible dans l’application et impraticable pour desintervalles d’une certaine longueur.

Dans le désir de parer à ces inconvénients, Santorio 2 avait imaginé,en 1612, de faire compter les oscillations par le pendule même, en le liantà des rouages 3 * . Mais sans parler de l’effet nuisible de ces engrenages sur lemouvement oscillatoire, le pendule, ayant un appareil à mouvoir, ne devaitque s’arrêter plus vite ou nécessiter de plus fréquentes impulsions. Galilée avaitvoulu de son côté résoudre le même problème, et sou fils Vicenzo a construit,en 1649, d’après les indications de son père, un compteur à pendule qu’onvoit encore au Musée de Florence . Cependant on restait toujours en présencede cette grande difficulté : la cessation rapide du mouvement.

Ce fut le triomphe de Iluygens d’assurer la continuité de la marche, en seservant de l’échappement même pour rendre au pendule, à chaque oscilla-tion, la quantité minime d’énergie qu’il avait perdue. Cette disposition estdécrite dans une publication de quelques pages de 1658 i , qui a précédéde quinze ans le grand ouvrage du savant hollandais, et dont la datefait justice des réclamations de priorité élevées à tort contre ses droitsd’inventeur 5 .

Ce fut cette idée de Iluygens qui donna sa véritable existence à l’horlogemoderne. On le voit du reste par l’enthousiasme avec lequel cette inventionfut accueillie, et par les lettres que son auteur reçut alors de presque tousles hommes illustres ou distingués parmi ses contemporains, lettres conser-vées au Musée de Leyde . On comprenait que l’on était enfin arrivé à la

1 E. Bernard, dans Philosophical Transactions , 1684, p. 723. — 2 En latin Sanctorius.—

3 T. Young, A course of lectures on natural philosophy, vol. I, 1807, p. 181. — 4 Huge-

nius, Horologium, 1058, brochure adressée aux États-Généraux bataves ; reproduit dans

ses Opéra varia, éd. 1724, vol. I, p. 1. — a C’est ce qu’établit nettement Poggendor/f,Gesclnchte der Physik, 1879, p. 607-012. ’