Band 
Première partie.
Seite
254
JPEG-Download
 

254

INTRODUCTION. - CHAPITRE VIII.

mesure à la fois exacte et continue de la durée, que l’heure une fois priseaux étoiles ne pouvait plus nous échapper, et que l’homme venait vraimentde faire ce qu’on a appelé la conquête du temps.

Après l’invention de Huygens, Hévélius fut le premier à faire usage, dansles observations astronomiques, d’une horloge munie de pendule 1 . Ce faitest d’autant plus à signaler que cet astronome refusa jusqu’à la fin de sesjours de substituer un télescope aux pinnules de ses instruments. C’estcependant la réunion de ces deux moyens, le pendule pour mesurer le tempset le télescope pour assurer plus exactement la visée, qui a donné aux obser-vations astronomiques modernes un degré de précision énormément supérieurà celui des observations anciennes.

Les instruments optiques des anciens. — De tous les procédés employéspour renforcer la vue, la simple loupe ou lentille fut naturellement le pre-mier que l’on connût. Non seulement on a trouvé dans le tuinulus de Rirs-Nimroud des cylindres d’ivoire, gravés de figures mathématiques d’une tellefinesse qu’elles n’avaient pu être exécutées à l’œil nu, mais on a aussi décou-vert dans ces ruines une lentille de quartz plan-concave. Celle loupe estremarquable en ce qu’elle semble avoir été travaillée, non comme on le faità présent, mais sur la roue du lapidaire 2 .

Les Romains se servaient de boules de verre remplies d’eau pour grossirles objets qu’ils voulaient regarder avec attention 3 . On voit même par unpassage de l’optique de Damien, ouvrage qui paraît avoir été composé auVIII e siècle, qu’on connaissait dès cette époque le pouvoir des verres convexespour allumer les objets placés au foyer de ces verres et recevantes rayonsdu Soleil 4 . Pourtant l’usage des lentilles est demeuré restreint jusqu’à la findu moyen âge. On ne s’est servi des besicles, posées sur le nez, pour aiderla vue d’une manière constante, qu’à partir de la seconde moitié du XII e siècle 5 .On n’avait pas fait de combinaisons de verres pour augmenter le grossisse-ment. Ce fut Fracaslor qui proposa la première, dont il voulait faire leprincipe de besicles renforcées °. C’est à tort qu’on a prétendu y reconnaîtrela lunette d’approche. L’ingénieux Italien était plutôt sur le chemin du micros-cope composé, dont l’invention, faite en Io90 à peu près par hasard, par le

"* Ilevelius, Machinae coelestis pars posterior, 1679. — 2 Brewster, dans Report of theBritish Association, 1852. — 3 Seneca , Quaestiones naturales, lit), i, cap. 6. — 4 DamiaimsHeliodori filius, De opticis libri n editi ah E. Bartholino, 1657. — 3 Martene, Thésaurusnovus anecdolorum, t. I, 1717, col. 516; Du Fresne du Gange , Glossarium ad scriptorcsmediae etinfimae latinitatis, cd. Carpentier, t. I, 1733, col. 1374. — G Fracastor[o], llomo-centrica, 1535, sec. n, cap. 8; sec. ni, cap. 23.