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Première partie.
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INTRODUCTION. - CHAPITRE VIII.

ment qui grossissait les objets éloignés. Les procès-verbaux relatent quecette demande fut considérée le 2 octobre 1608. Avant de prendre unedécision, les États-Généraux demandèrent que l’instrument fût rendu appli-cable aux deux yeux, et Lippersbey satisfit à cette condition le 15 décembresuivant, en envoyant un binocle.

Mais dans l’intervalle, le 17 octobre 1608, Adriaanszoon, égalementdésigné sous le nom de Jacob Metius, fils d’Adrien Metius inspecteur généraldes forteresses et mathématicien bien connu, avait réclamé l’antériorité. Sesessais remontaient, disait-il, à deux années, et il invoquait à cet égard letémoignage de Maurice de Nassau , auquel il avait montré de premiersrésultats.

La question revint aux États le 13 février 1609. L’assemblée refusa àLippershey le brevet qu'il demandait, par la raison que ce pétitionnairen’était pas seul à construire le nouvel instrument ’. Celui-ci en effet sortaitdéjà des mains des opticiens zélandais. Dès l’automne de 1608 un habitantdes Provinces-Unies en avait offert un spécimen à Fuchs von Beinbach, con-seiller du margrave d’Anspach-. Le 28 décembre 1608, l’envoyé de France en Hollande, président Jeannin, écrivait à Sully qu’il s’entendait avec Lip-pershey pour procurer une longue-vue au roi Henri IV 3 . Enfin, au prin-temps de 1609 des lunettes d’approche étaient en vente chez un orfèvrede Bruxelles L

En mai de cette même année 1609, Galilée étant à Venise reçut l’avis dela nouvelle invention. Sur les indications contenues dans une lettre queBadovere lui écrivait de Paris , il reconstruisit l’appareil. 11 fixa les verresaux extrémités d’un tuyau d’orgue, et du haut de la tour de Saint-Marc putmontrer à ses compatriotes étonnés les merveilles du nouvel instrument

L’effet obtenu sur les objets terrestres avait sans doute quelque chose defrappant. Mais lorsque la première lunette fut tournée vers le ciel, l’étonne-ment devint plus grand encore. On entrait dans un champ dont on n’avaitpas eu d’idée jusque-là. Les révélations du télescope causaient une impres-sion profonde par leur imprévu et leur étrangeté. L’exposé purement som-maire qu’en fit Galilée dans son Sydereus nuncius, frappa l’Europe d’éton-nement et se répandit avec une rapidité extraordinaire. Jamais une

* Voyez sur ces dates : Moll, Geschiedkundig onderzoek naar de eerste uitvinders derverrekijkers, dans ÎSieuwe verliandelingen der eerste klasse van het Nedelandsche Instituut,vol. III, 1831, p. 103. — 2 s. Mayer, Krankisclier Kalender fur das Jahr 1612. — 3 Jeannin,Les négociations suivies des œuvres mêlées, 1650. — * Ciel et Terre, t. lit, 1882, p. 23. —« Galilaeus, Sydereus nuncius, 1610.