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Première partie.
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ÉPOQUE INDUCTIVE.

DÉVELOPPEMENT DES OBSERVATIONS.

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découverte, jamais l’annonce d’un fait nouveau n’avait produit une sensationaussi prompte ni aussi générale.

Les conquêtes du télescope dans le ciel ne pouvaient plus rentrer dansl’oubli : dès le premier jour elles étaient acquises, d’une manière qu’on pour-rait appeler indélébile, tant était vive l’impression qu’elles avaient produite.On voit par là que les quelques instruments d’optique qui avaient existéauparavant, à litre d’objets de curiosité, n’avaient pas été employés à l’exa-men du ciel ; car il est évident que les découvertes qu’ils auraient amenéesn’auraient pu passer inaperçues, et qu’il en serait resté au moins un souvenir.

Au contraire, il n’existait pas de traces qu’aucun secours mécanique,d’aucune espèce, eût jamais ajouté de semblables conquêtes au domaine denotre perception. Mais depuis l’invention du télescope les montagnes de laLune, les taches du Soleil, les satellites des planètes, la visibilité des étoilespendant le jour, les enveloppes des comètes, les nébuleuses, les étoiles mul-tiples ont ouvert, grâce au pouvoir des appareils optiques, de nouveaux hori-zons à l’intelligence. L’univers grandit en raison de la force de pénétrationdes instruments employés. Si par les horloges à pendule nous avons fait laconquête du temps, par les télescopes nous réalisons celle de l’espace, où ilne nous paraît plus exister de bornes à nos sens ni de limites à nos inves-tigations.

Dans toute l’histoire des sciences physiques, on ne pourrait citer qu’uninstrument dont l’introduction ail offert quelque chose de comparable àl’invention du télescope, pour l’imprévu de ses révélations et la portée desconséquences : c’est le spectroscope de Kirchhoff J . Mais si brillantes quesoient les applications de l’analyse par le prisme, il ne s’agit que de pointsde vue spéciaux et de qualités particulières des corps. Le télescope fournitau contraire un aspect général.

L’application du télescope aux cercles divisés. — D’ailleurs ce merveilleuxinstrument n’a pas servi seulement à porter nos regards plus avant dansl’espace ; il a surtout contribué au perfectionnement de l’astronomie mathé-matique, comme définisseur de la visée, attaché aux cercles gradués.

Ce fut une quinzaine d’années après l’invention du télescope qu’un sculp-teur et ingénieur florentin, Generini, eut l’idée de remplacer les alidadespar des lunettes i 2 . Cet essai demeura d’abord inaperçu, et Morin l’ignorait

i Kirchhoff, Unlersuchungen über das Sonnenspectrum und die Spectren der chemi-schen Elemente, dans Abhandlungen der Akademie zu Berlin , 1861, Phys. Kl., p. 63;1862, Phys. Kl., p. 227. — 2 Entre 1623 et 1633. Voyez von Zach, dans von Lindenau et

Bolmenberçier, Zeitschrift für Astronomie, vol. IV, 1817, p. 3.