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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE IX.

Conception du système du monde. — Toutefois l’astronomie de l’époqueempirique s’arrêtait aux phénomènes apparents. Toute son ambition étaitde calculer les positions des astres sur la sphère, et lorsqu’à l’aide desexcentriques et des épicycles elle y était parvenue à peu près, il lui semblaitqu’il ne restait plus rien à faire. Le tableau changeant des mouvementscélestes n’était cependant qu’un grand problème de perspective. On savaitdésormais les différents astres à des distances fort inégales de nous etd’ailleurs variables, et l’on devait se demander quelle était la véritabledisposition des corps dont on suivait sur la sphère une simple projection.

Il était naturel de commencer cette espèce de plan cosmologique par notreglobe. L’idée de la rondeur et de l’isolement de la Terre était devenue alorsirrésistible; mais comment cette immense sphère pouvait-elle rester sus-pendue? Les anciens Hindoux lui donnaient quatre éléphants pour la porter,ou plutôt pour soutenir les bassins enchâssés les uns dans les autres, quicontenaient les mers de différents liquides sur lesquelles elle flottait. L’idéed’un ' ^ "" e dans l’espace exigeait un développement intellectuel plusavancé. Aryabhalla et Bhascara eurent cependant la notion de l’isolement etde la suspension de notre globe. Anaximandre et Démocrite étaient arrivéschez les Grecs à la même conception. Héraclite voulait que la Terre sesoutînt par l’effort des révolutions qui s’exécutaient autour d’elle 1 . Mais ellese maintenait, dit Ovide , équilibrée par son propre poids : tellus ponderibuslibrata suis.

Quant aux autres astres, c’était la rapidité de leur course qui, dansl’opinion d’Anaxagoras , en conservait le mouvement, et qui faisait que lemonde ne se bouleversait pas 2 . Chaque corps, répétait Plutarque , tend àsuivre son mouvement, et si la Lune ne tombe pas, c’est qu’elle en estempêchée par son transport circulaire 3 .

En dehors de notre globe, quelle était la situation relative des diverscorps? Pvthagore avait placé le feu, llestia, au centre de la Terre. Philolaus ilui conserva sa place centrale, mais il en sépara la Terre , dont il eut lahardiesse de faire une huitième planète, qui tournait en un jour d’occidenten orient autour du centre igné. Pythagore avait conclu de la sphéricité duglohe terrestre à l’existence de son autre face, l’antichthone. Philolaus séparal’antichthone de la Terre , et lui fit accomplir également sa révolution en un

i T. H. Martin, Mémoire sur l’histoire des hypothèses astronomiques chez les Grecs et

les Romains, dans Mémoires de l’Académie des inscriptions, t. XXX, 1880. — 2 DiogenesLaertius , De vitis clarorum philosophorum, lib. n, cap. 1 i. — 3 Plntarchus , De facie in

orbe Lunae, cap. 6 (11). — t Au — V e siècle.