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INTRODUCTION. - CHAPITRE IX.
dehors d’une action aussi universelle. Eût-elle été entraînée avec le reste, toutdéplacement relatif aurait cessé et la rotation de l’univers nous aurait étédérobée. Donc, dans l’hypothèse pù la sphère céleste tournait, il fallait quela Terre fût retenue. Quelle force était capable de la retenir ? Platon faisait-ilune réponse sérieuse quand il disait : c’est la force intelligente de son âme ^
Platon avait longtemps admis que la Terre est au centre de l’univers.Cependant il paraît que vers la fin de sa vie il éprouva le regret d’avoirpropagé cette opinion 1 2 . Aristote n’avait pas hésité à placer la Terre aucentre 3 . Chez les Perses, le Zend-Avesta disait aussi que le Soleil tourneautour de la Terre. Mais vers le milieu du — III e siècle, Aristarque de Samos combina les deux mouvements de rotation et de révolution 4 qui avaient étéattribués séparément à notre globe par quelques-uns de ses devanciers. Unsiècle plus tard, Seleucus de Babylone, Chaldéen d’origine, mais Grec parle nom et l’éducation, présenta cette hypothèse comme une doctrine posi-tive 5 , et prétendit même en tirer une explication des marées 6 .
Toutefois, si l’idée du mouvement de la Terre avait frappé, dans descontrées différentes, des penseurs isolés, cette notion était restée partout àl’état de conjecture, dédaignée par la doctrine courante. Il faut reconnaîtreque ceux qui partageaient celte opinion, bien que doués d’une perspicacitéet d’une étendue d’esprit incontestables, n’avaient pas les moyens de l’établirscientifiquement, ni même d’en faire accepter la vraisemblance. C’est ce quifit que la question se traîna, dans un domaine purement spéculatif, presqueen dehors de la science proprement dite, pendant la décadence romaine ettout le moyen âge. On parlait du mouvement de la Terre comme d’un rêve 7 .On lui opposait la conception géométrique, que Plolérnée avait élevée pourreprésenter les mouvements des planètes, et l’on transformait ce simpleartifice de calcul en loi physique suivant laquelle marchaient les cieux.Aussi la question fut-elle à peine discutée, on pourrait dire à peine effleurée,à la renaissance des sciences. Au XV e siècle, Krebs, plus connu sous le nomde Nicolas de Cusa , prenait pour centre des mouvements non pas un corps,
1 Plato, Timaéus. — 2 Plutarchus , De vita Numae, cap. 19; Quaestiones platonicae,
n° viii. — 3 Aristoteles , De cœlo, lib. n, cap. 12. — Arehimedes, De numéro arenae, in
init. ; Plutarchus , De facie in orbe Lunae, cap. 6; Quaestiones platonicae, n° vm; Slobarus,
Eclogae physicae et ethicae, lib. i, cap. 26; Sitnplicius, Commentarii in Aristotelis De cœlo,
lib. n, cap. 8; Sextus Empirions, Adversus mathematicos, lib. x, cap. 174. — 5 Plutarchus ,
Quaestiones platonicae, n° vm. — 6 Ibid., De placitis philosophorum, lib. m, cap. 17. —
7 Cleomedes [-+- II e siècle], Cyclica theoria meteoron, lib. i, cap. 9; Macrobius [V e siècle],Expositio in somnium Seipionis, lib. i, cap. 22; Alfragan [IX e siècle], Elementa astrono-mica, difï. 4; Alliaeus [XV e siècle], Sphaera mundi, quaest. 3.